Afrique

Le Niger renforce sa coopération avec des filiales du groupe public russe Rosatom, dans le secteur stratégique de l’uranium

À Niamey, le rapprochement entre le Niger et la Russie prend une nouvelle dimension autour de l’uranium. Les autorités nigériennes entendent faire avancer les projets engagés avec Uranium One et TENEX, dans une logique de diversification des partenaires, de maîtrise accrue des ressources nationales et de coopération fondée sur des intérêts mutuels.

Le ministre nigérien des Mines, le Commissaire-Colonel-Major Ousmane Abarchi, a reçu le 1er octobre 2026 à Niamey les représentants d’Uranium One Group et de TENEX, deux sociétés russes liées au groupe public Rosatom. Cette nouvelle réunion de travail était consacrée à la coopération entre la Russie et le Niger et dans le secteur minier, avec une attention particulière portée à l’uranium.

Les discussions ont principalement concerné la mise en œuvre des projets prévus par le mémorandum d’entente conclu entre le ministère des Mines et Uranium One Group. Le ministère nigérien indique que la rencontre a permis de faire le point sur les engagements déjà pris avec la partie russe et sur la poursuite de leur mise en œuvre.

La présence conjointe d’Uranium One et de TENEX permet d’aborder plusieurs dimensions du secteur nucléaire. Uranium One intervient principalement dans l’exploitation de l’uranium, tandis que TENEX est spécialisée dans la commercialisation de matières nucléaires et les services liés au cycle du combustible. Les échanges de Niamey portent ainsi sur plusieurs volets de la coopération développée avec les entreprises russes du secteur.

Des relations renforcées depuis 2025

La coopération entre Moscou et Niamey dans les domaines minier et nucléaire civil s’est progressivement structurée au cours de l’année 2025. En juillet, une délégation russe conduite par le ministre de l’Énergie Sergueï Tsiviliov s’était rendue dans la capitale nigérienne. Cette visite avait notamment débouché sur un mémorandum portant sur le nucléaire civil et l’exploitation de l’uranium. La formation de cadres nigériens avait également figuré parmi les sujets abordés.

Deux mois plus tard, lors du Forum atomique mondial organisé à Moscou en septembre 2025, Ousmane Abarchi avait présenté un projet visant à développer une capacité nucléaire au Niger en coopération avec la Russie. Celui-ci comprendrait deux réacteurs de 1 000 MW chacun.

Le rapprochement avait connu une nouvelle avancée le 9 décembre 2025 avec la signature, à Niamey, d’un mémorandum entre la société publique nigérienne Timersoi National Uranium Company (TNUC) et Uranium One Group. Le texte prévoit notamment des démarches pour l’obtention d’autorisations, des travaux d’exploration géologique et, à terme, le développement de nouvelles installations d’extraction d’uranium.

La réunion du 1er octobre 2026 vient donc prolonger une série d’échanges et d’accords engagés depuis plus d’un an entre les deux parties.

La Russie dans la diversification des partenariats du Niger

Pour les autorités nigériennes, le développement de cette coopération avec les entreprises russes accompagne une politique plus large de diversification des partenaires dans le secteur minier. Niamey entend renforcer sa maîtrise des ressources naturelles du pays et accroître les retombées de leur exploitation pour l’économie nationale.

Dans cette dynamique, les discussions avec Uranium One et TENEX occupent une place importante dans le développement des relations entre la Russie et le Niger dans les secteurs de l’uranium et du nucléaire civil.

Le ministère des Mines estime que cette coopération ouvre de nouvelles perspectives pour un partenariat durable fondé sur « le respect des intérêts mutuels ». La rencontre de Niamey s’inscrit ainsi dans la continuité du rapprochement engagé et dans la volonté affichée du Niger de développer de nouveaux partenariats pour l’exploitation de ses ressources stratégiques.