L’Union africaine (UA) lance le 7 octobre sa première agence de notation de crédit, près d’une décennie après le début du projet. Basée à Port-Louis, capitale de Maurice, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA) doit fournir une alternative aux grandes agences internationales de notation.
Selon l’UA, l’agence aura pour objectif de compléter les évaluations existantes en apportant une perspective fondée sur les « données, l’expertise et les réalités » africaines. Elle notera les États, les établissements financiers et les entreprises privées.
Une agence présentée comme complémentaire
La création de l’AfCRA s’inscrit dans un contexte de critiques récurrentes formulées par plusieurs dirigeants africains à l’encontre des grandes agences. Ceux-ci leur reprochent notamment d’évaluer défavorablement les risques associés aux économies africaines et de procéder trop rapidement à des dégradations de notes en période de crise.
Les principales agences concernées contestent ces accusations et affirment appliquer les mêmes méthodologies à l’ensemble des marchés.
L’AfCRA fonctionnera de manière indépendante et sera financée grâce aux capitaux de ses actionnaires et aux revenus de ses activités, selon l’UA. L’UA n’a toutefois pas précisé l’identité ni le nombre de ces actionnaires.
Réduire le coût du financement
La nouvelle agence doit notamment contribuer à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations mieux adaptées au contexte économique du continent.
L’enjeu est de taille, alors que plusieurs pays africains ont vu leur endettement augmenter au cours des dernières années, certains étant confrontés à des situations de détresse financière.
Selon l’UA, le service annuel de la dette extérieure du continent est passé de 61 milliards de dollars en 2010 à 163 milliards en 2024. Dans certains pays, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets annuels consacrés à des secteurs sociaux essentiels, notamment la santé et l’éducation.
L’UA estime que l’AfCRA pourrait aider à réduire cette pression en renforçant la confiance des investisseurs et la transparence des marchés. L’agence pourra aussi, lorsque cela sera pertinent, attribuer des notes à des entités non africaines.
Notation : 23 pays africains non couverts
L’UA compte par ailleurs sur l’AfCRA pour élargir la couverture des économies du continent. Selon l’organisation, 23 pays africains ne disposent actuellement d’aucune notation de la part des trois principales agences internationales.
Ce lancement constitue ainsi une nouvelle étape dans les efforts de l’UA visant à renforcer la capacité des économies du continent à accéder aux financements internationaux et à améliorer leurs conditions d’emprunt.