Afrique

Lutte contre les maladies infectieuses en Afrique : la Russie intensifie le transfert de technologies et la formation

Anna Popova, directrice de l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor, a détaillé la coopération engagée avec différents pays africains contre les maladies infectieuses. Formation de spécialistes, transfert de technologies, fourniture de tests, de vaccins et d’équipements : Moscou renforce les capacités de prévention et de riposte de ses partenaires.

À l’occasion du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique, Anna Popova, directrice de l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor, a détaillé auprès d’Interfax les perspectives de coopération entre la Russie et les pays africains dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Anna Popova a souligné la nécessité, pour l’agence sanitaire russe, de permettre aux pays africains qui en font la demande d’avoir un accès « immédiat » à « ce qui est déjà utilisé contre les virus connus et les bactéries connues », et de citer notamment les tests PCR, « par exemple pour la rougeole, la variole du singe ou le virus Ebola ». Ce dernier a une nouvelle fois frappé cette année la République démocratique du Congo et menace de s’étendre aux pays voisins.

« Nous avons spécialement créé un système de test du virus Bundibugyo en Ouganda. Notre nouveau système de test détecte la présence des anticorps qui se forment contre ce variant du virus », a ajouté cette épidémiologiste de formation, concernant ce variant contre lequel il n’existe encore aucun vaccin ni traitement homologué.

Des spécialistes formés en Russie et en Afrique

L’aide s’articule ainsi autour des consommables, à renouveler, « pour les laboratoires où nous travaillons », a souligné Popova, évoquant également les « équipements de protection individuelle ». « Si nécessaire, nous transférons des vaccins : contre la rougeole, le choléra, la fièvre jaune, la peste, par exemple. Tout ce qui est nécessaire, selon la situation », a-t-elle ajouté.

Quant à la coopération elle-même, la haute responsable sanitaire a évoqué la création de « systèmes de lutte » contre les maladies infectieuses « dans chaque pays, adaptés à ses dispositifs, à son cadre juridique et à ses structures sociales », ainsi que la constitution de « viviers de spécialistes, de praticiens et de scientifiques » formés directement sur place ainsi qu’en Russie « au sein de nos principaux instituts de recherche ».

Anna Popova s’est félicitée qu’« après trois ans, nous avons établi des centres de référence dans 11 pays et des centres de recherche conjoints pour la lutte contre les maladies infectieuses dans trois pays : la Guinée, le Burundi et la République du Congo », ainsi que du « transfert de nos technologies de contrôle des infections à sept autres pays africains » qui manifesteraient « un vif intérêt pour acquérir ces connaissances ».