Afrique

RDC : le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU effectue une première rencontre avec Joseph Kabila à Goma

En mission à Goma, dans la province du Nord-Kivu, James Swan a rencontré Joseph Kabila, désormais président du Front pour la refondation de la nation, pour discuter des moyens de soutenir la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO en matière d’application du cessez-le-feu et de protection des civils dans l’est de la RDC.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) James Swan est arrivé le 2 novembre à Goma, au Nord-Kivu, a annoncé la mission onusienne dans une publication sur X. Il y a rencontré le 3 novembre le chef du Front pour la refondation de la nation (FRN), l’ancien président congolais Joseph Kabila. Sa visite s’inscrit dans le cadre de « consultations régulières dans l’est de la RDC », a indiqué la MONUSCO.

La rencontre est la première du genre depuis que l’ancien chef de l’État a pris la tête du FRN, le 12 octobre. Le mouvement politico-militaire a succédé à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au Mouvement du 23 mars (M23). Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC, en est devenu l’un des vice-présidents, selon la presse congolaise. Pour la MONUSCO, il s’agit de poursuivre le dialogue que la mission avait noué avec l’AFC/M23. « Ces échanges visent à soutenir la mise en œuvre du mandat de la Mission », souligne-t-elle.

Le représentant spécial était accompagné d’une délégation comprenant le général de brigade Givenz Kishombe Sichali, le conseiller principal Walter Lotze et le chef de bureau de l’adjoint du représentant spécial chargé de la protection et des opérations Marilyn Ngum Fru. Pour sa part, le chef du mouvement était secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, deux vice-présidents, ainsi que par plusieurs collaborateurs, dont le colonel Imani Nzenze et Moïse Nyarugabo.

Le FRN affirme vouloir honorer les engagements de Doha et s’opposer au renouvellement du mandat de la MONUSCO

À l’issue des échanges, l’un des deux vice-présidents présents, Bertrand Bisimwa, a rendu compte de la position du mouvement. Selon lui, le FRN entend honorer les engagements pris lors des négociations de Doha, au Qatar, entre la délégation du gouvernement congolais et celle de l’ex-AFC/M23, dont il a hérité « de l’actif et du passif ». Il a accusé les forces gouvernementales et leurs alliés de reprendre les attaques sur plusieurs fronts.

Selon le même compte rendu, le FRN s’oppose au renouvellement du mandat de la MONUSCO et souhaite qu’elle poursuive son retrait de l’est de la RDC. Le même dirigeant a qualifié le bilan de la MONUSCO d’« échec tota », mais a tout de même reconnu qu’elle avait apporté un appui logistique aux dispositifs issus des discussions de Doha. Le FRN a aussi contesté un éventuel redéploiement de la mission au Sud-Kivu pour soutenir le mécanisme de vérification du cessez-le-feu, a précisé le responsable, pour qui son mouvement ne voit pas l’utilité de la présence de la MONUSCO dans les zones déjà contrôlées par le FRN, présentées comme « stabilisées ».

Le cessez-le-feu et la protection des civils au centre des discussions

La MONUSCO a rappelé que les consultations font partie de son mandat, qui consiste à protéger les civils, à faciliter l’accès humanitaire et à appuyer les mécanismes de suivi et de vérification du cessez-le-feu dans l’est de la RDC. Parmi les dispositifs concernés figure le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), mis en place pour surveiller le respect de la trêve entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. La MONUSCO contribue à la vérification des violations présumées du cessez-le-feu et au suivi de son application sur le terrain.