« Nous sommes la seule grande région à adapter sa capacité de production d’acier à la baisse », regrette le directeur général d’Eurofer, Axel Eggert, cité ce 1er octobre par le Financial Times (FT). Le quotidien britannique revient sur la chute des exportations européennes d’acier, mise en évidence par cette association professionnelle représentant les producteurs sidérurgiques de l’Union européenne, de Turquie, d’Ukraine et du Royaume-Uni.
« Les exportations vers tous les principaux marchés de destination ont fortement reculé », déplore Eurofer. Les livraisons vers les États-Unis ont chuté de 29 %, celles vers l’Inde de 24 %, vers la Turquie de 21 % et vers la Chine de 18 %. Plus près de l’Union européenne, les exportations vers le Royaume-Uni ont reculé de 7 % et celles vers la Suisse de 2 %. Seuls le Brésil et la Norvège échappent à cette tendance, avec des hausses respectives de 3 % et 1 %.
Quant aux volumes de production, ils restent proches de leurs plus bas historiques. « La production d’acier brut de l’UE est tombée à un niveau record de 125,8 millions de tonnes en 2025 (-2,9 %) » malgré un rebond de 1,1 % en mai, soulignent les auteurs de ce rapport trimestriel.
La production européenne en berne
« Le taux d’utilisation des capacités a légèrement augmenté pour atteindre 67 %, contre 65 % en 2025, mais reste faible en termes historiques », peut-on encore lire dans le rapport. Celui-ci souligne également les pressions inflationnistes alimentées par la hausse des prix de l’énergie, elle-même dopée par les conflits au Moyen-Orient et autour de l’Ukraine.
L’acier européen « ne reviendra pas » aux niveaux de production précédents, qui avoisinaient les 155 millions de tonnes en 2015, estime Axel Eggert auprès du FT.
Par ailleurs, souligne le quotidien britannique, si les sidérurgistes européens ont vu Bruxelles redoubler d’efforts pour les protéger de la concurrence chinoise, celle-ci est, en retour, venue leur rafler nombre de marchés à l’export, où elle concurrence directement les producteurs européens.
« L’avantage concurrentiel de l’Europe réside dans sa capacité à mener la transition vers un acier plus vert et à prendre de l’avance sur le reste du secteur », a argué auprès du FT Astrid Grigsby-Schulte, responsable du secteur sidérurgique au sein de l’ONG Global Energy Monitor. Selon elle, les Européens ne sont pas en mesure de rivaliser avec la Chine sur le terrain des capacités de production d’acier.