Alors que plus de 96 % des établissements étaient ouverts le 9 octobre, de nouveaux points de tension apparaissent dans les facultés, alimentant les craintes d’une contestation durable à six mois de la présidentielle.
Des blocus lycéens en baisse, des facs qui s’activent
Selon le ministère de l’Éducation, la mobilisation lycéenne montrait déjà des signes d’essoufflement en fin de semaine dernière, avec 141 établissements fermés vendredi contre 157 la veille.
Ce 12 octobre, les blocages se poursuivent de manière plus localisée.
À Paris, le lycée Victor Duruy a annoncé sur X un « blocus en cours » empêchant tout accès.
À Mérignac, les CRS sont déployés devant le lycée Fernand Daguin, où des feux d’artifice ont été tirés et une barricade enflammée dressée. À Marseille, au moins deux lycées (Diderot et Jean-Perrin) sont perturbés, d’après le Mouvement national lycéen.
Si seuls quelques établissements sont ainsi fermés, le mouvement s’étend clairement aux universités. L’Institut catholique de Paris est de nouveau bloqué, tout comme le centre Panthéon-Sorbonne, où des poubelles ont été placées devant l’entrée.
À Nanterre, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) a appelé à se rassembler dès 9 heures : « L’urgence est à la massification. Il faut qu’on soit le plus nombreux possible à rentrer dans la bagarre aux côtés des lycéens. »
Des étudiants non inscrits ont même partiellement bloqué une entrée du collège Stanislas à Paris, brandissant une pancarte « Finance le public, pas Bolloré ». Les élèves ont néanmoins largement pu accéder à l’établissement par une autre porte.
La secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) Sophie Binet a averti l’exécutif dimanche sur France 2 : « Si c’est ça votre réponse à la mobilisation, elle va durer longtemps. » Elle a appelé le gouvernement à revoir sa copie budgétaire, dénonçant des classes surchargées et les échecs de Parcoursup.
Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, appelle à une grande mobilisation le 13 octobre avec les lycées mais aussi les étudiants, les syndicats et les salariés de gauche. Le candidat à la présidentielle parle d’une « date de mobilisation vitale », évoquant également le 17 octobre.
Plus de 76 500 lycéens ont participé à la consultation lancée sur Agora. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis d’en tirer des amendements au budget 2027.
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a, lui, annoncé l’affectation de 3 000 professeurs remplaçants, mais c’est bien au-delà des lycées que la mobilisation pourrait prendre forme dans tout le pays.