Pendant que le président Emmanuel Macron s’exprimait dimanche soir, des groupes de pilleurs continuaient d’agir dans plusieurs grandes villes. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission, que le chef de l’État a refusée au nom de « la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce lundi les maires concernés.
« Nous avons perdu le contrôle »
Sur France Inter, le ministre a reconnu qu’« il y a eu une perte de contrôle » de la police dans « certaines grandes villes ». Il a aussi admis un « manque d’anticipation » et déclaré : « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe ».
L’Élysée a demandé au ministre de déployer « au plus vite […] de nouveaux modes d’action […] contre les casseurs » et a évoqué des « défaillances d’anticipation et de renseignements ».
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a renchéri sur France 2 : « Nous avons failli, incontestablement, ce week-end ». Il a évoqué « un défaut dans les renseignements » et estimé que les services « ne savent pas lutter correctement contre l’ultragauche », tout en soutenant Nuñez : « C’est un grand ministre de l’Intérieur ».
À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a annoncé « au moins une trentaine » de commerces encore pillés dans la nuit, des « scènes insupportables » avec des casseurs « à visage découvert » alors que la capitale a été le théâtre de scènes de pillages comme plusieurs grandes villes.
La préfecture de police a recensé 351 interpellations dans la capitale. Le président de CCI France Alain Di Crescenzo estime que l’on « dépassera les 2 000 » commerces touchés, pour « des centaines de millions d’euros ».
Les violences se sont prolongées à Paris, Marseille, Lyon et Nantes. Le préfet de police de Paris a annoncé une task force pour identifier les auteurs.
Sébastien Lecornu préside par ailleurs ce lundi 19 octobre une cellule de crise consacrée à l’économie, aux assurances et au suivi judiciaire.