Après les manifestations contre la vie chère et le manque de moyens dans l’enseignement, les violences ont gagné plusieurs villes. À Marseille, des boutiques Louis Vuitton et Hermès ont été pillées ; à Lille, un Apple Store a été attaqué. Une vingtaine de magasins Sephora et plusieurs points de vente JD Sports ont aussi été pris pour cible.
À Paris, les policiers ont reculé devant la foule, raconte au Financial Times un employé de Dior. Son magasin a été épargné grâce aux rideaux métalliques baissés dès 16 heures. Le quotidien rapporte que les préparatifs habituels entre syndicats et police n’ont pas fonctionné. L’employé s’étonne que les autorités aient été prises de court alors que les réseaux sociaux annonçaient déjà des violences.
Jusqu’à 1,2 milliard d’euros pour les assureurs
Le ministre du Commerce Serge Papin avance un premier bilan d’au moins 3 000 entreprises touchées. Morningstar DBRS estime les pertes assurées entre 1 et 1,2 milliard d’euros, contre 730 millions d’euros lors des émeutes de 2023, rappelle le quotidien britannique.
Près de la gare du Nord, un commerçant raconte qu’une centaine de jeunes ont tenté de forcer sa porte. Il a appelé la police, sans obtenir d’intervention. Resté seul 15 minutes derrière sa vitrine, il évalue les réparations entre 7 000 et 10 000 euros. « Derrière chaque vitrine détruite, il y a un entrepreneur, des salariés, des familles et souvent des années de travail », a rappelé, dans un communiqué du 18 octobre, le président de la Confédération des commerçants de France Pierre Bosche.
Les marchandises volées réapparaissent en ligne
Lundi 19 octobre, les ministres Serge Papin et Anne Le Hénanff ont réuni Vinted, Amazon, eBay et d’autres plateformes pour faire supprimer les annonces suspectes. Certaines marchandises volées étaient déjà proposées à la revente. « Vous vous rendez compte, il y a certains commerçants qui voient leurs produits sur ces plateformes », a expliqué le ministre du Commerce le lendemain sur Sud Radio.
Les plateformes doivent surveiller les lots de produits neufs vendus à bas prix, identifier les vendeurs suspects et transmettre leurs signalements aux enquêteurs. Un premier bilan est attendu sous 48 heures. Le gouvernement annonce aussi des prêts à taux zéro jusqu’à 50 000 euros pour les commerces touchés.