France

Édouard Philippe rejette la «primaire des démocrates», Gabriel Attal maintient

Le 1er novembre, Édouard Philippe a qualifié l’idée de Gabriel Attal de «primaire de la division et de la confusion». Ce dernier riposte en affirmant qu’elle est «inéluctable» face au risque d’un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, alors que les sondages montrent le bloc central en difficulté.

Le maire du Havre a fermé la porte le 1er novembre au 20h de TF1 à la proposition de son rival Renaissance d’organiser une grande primaire pour rassembler le centre et la droite avant 2027. Gabriel Attal, qui avait lancé l’appel quatre jours plus tôt pour conjurer un second tour entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), a répondu dès le lendemain en la jugeant inévitable.

Un refus catégorique du favori face à un camp dispersé

Invité du 20h de TF1, Édouard Philippe a tranché : « C’est une primaire de la division et de la confusion », persuadé qu’elle « n’aura pas lieu » car elle tenterait de « rassembler des gens qui ne sont pas d’accord ». Il estime tous les prétendants « légitimes » et renvoie le départage à février, où « chacun prendra ses responsabilités ».

Gabriel Attal a rétorqué le 2 novembre au matin sur la même chaîne. Il refuse de se résoudre à un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qu’il juge catastrophique pour le pays. « À la fin, cette primaire aura lieu : je crois que c’est inéluctable », a-t-il déclaré, soulignant qu’« aucun candidat, y compris Édouard Philippe, n’est en situation d’être au deuxième tour »

Selon lui, « la division, ce n’est pas la primaire, c’est d’arriver à cinq au premier tour ». Les sondages illustrent la pression qui pèse sur les héritiers d’Emmanuel Macron.

Édouard Philippe, encore en tête du bloc central, décroche depuis des semaines et se retrouve derrière Jean-Luc Mélenchon, au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann, loin de Marine Le Pen. Gabriel Attal, lui, est complètement distancé. La dispersion des candidatures (Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, David Lisnard) fait craindre une élimination collective dès le premier tour.

Dans ce contexte, les soutiens à une primaire se multiplient : Michel Barnier, Aurore Bergé, Valérie Pécresse et David Lisnard y sont favorables tout comme François Bayrou, qui prône depuis plusieurs mois une grande primaire du « fleuve démocratique » face à LFI et au RN. Bruno Retailleau n’y est pas opposé sous conditions de périmètre. À l’inverse, Raphaël Glucksmann a rejeté l’idée, y voyant « la primaire de ceux qui assument le bilan du macronisme ».