Après RT France, C8 ou encore NRJ12, CNews est-elle la prochaine chaîne qui va être contrainte de rendre définitivement l’antenne ? Sur la plateforme de l’Assemblée nationale dédiée aux pétitions citoyennes, celle demandant à « supprimer CNews de l’audiovisuel français » a franchi ce 2 novembre le cap des 500 000 signatures, après un afflux de plusieurs centaines de milliers en l’espace de quelques jours. À l’heure où nous écrivons, le nombre de signatures avoisine même les 580 000.
L’auteur du texte met en avant les « manquements au droit » de CNews, selon l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel français, dont le patron a été choisi par Emmanuel Macron, et « demande » la fermeture de la chaîne.
Dans un contexte où la colère sociale gronde en France, après dix ans de macronie, des députés La France insoumise (LFI), à l’instar de Thomas Portes, accusent CNews de « met[tre] une cible dans le dos des musulmans » et de distiller un discours qui, selon eux, aurait pu conduire à l’attentat de Trappes et de La Verrière le 23 octobre, à la suite duquel le tireur avait reconnu avoir ciblé les individus « de type musulman ou africain, nord-africain ».
« Oui la chaîne CNews est raciste, oui l’attentat de Trappes est le résultat des milliers d’heures d’émissions racistes et islamophobes », a lancé sur X ce député de Seine-Saint-Denis qui, fin octobre, estimait que la « fermeture de CNews est une priorité ». « Sur CNews il n’y a pas de journalistes, mais des militants d’extrême droite », écrivait-il trois jours plus tôt, l’accusant d’être « au service d’un projet idéologique raciste et islamophobe ».
« CNews et Frontières ne cessent de diffuser de fausses informations, mentent, calomnient, propagent une propagande raciste », écrivait, dans la même veine et le même jour, un autre député de Seine-Saint-Denis, l’ex-LFI Alexis Corbière.
« Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews ? Moi je dis que non », avait déclaré le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko dans un entretien à l’AFP diffusé le 1er avril, appelant à sa fermeture.
Appartenant au groupe Bolloré, CNews détonne par sa ligne éditoriale dans un paysage audiovisuel français majoritairement ancré à gauche de l’échiquier politique, faisant de la chaîne d’information la bête noire d’élus issus de ce même bord. Sur le site MyPetition, une pétition a été lancée en soutien à CNews. Affirmant son « refus de toute forme de censure idéologique ou de fermeture arbitraire », l’auteur appelle à la « protection de la diversité des opinions » dans le paysage audiovisuel.