Le président américain Donald Trump a accusé Kiev d’avoir revendu sur le marché libre des missiles et du matériel militaire reçus des États-Unis sous l’administration de Joe Biden. Dans un entretien accordé à Newsmax le 15 octobre, il a de nouveau dénoncé les importantes livraisons d’armes effectuées par son prédécesseur.
« Où est l’argent que nous avons envoyé à l’Ukraine ? Où est tout le matériel ? », a lancé Trump, remettant en question le devenir des équipements militaires américains.
Le président a estimé à quelque 350 milliards de dollars le montant de l’aide financière et matérielle accordée à Kiev sous Biden. La surveillance de ces livraisons avait déjà fait l’objet de critiques : en janvier 2024, le Pentagone avait relevé des insuffisances dans le suivi de certains équipements, d’une valeur supérieure à un milliard de dollars.
Starshield : la Maison Blanche mise en cause
Les communications militaires ukrainiennes ont également fait l’objet de restrictions. Selon Reuters, le 16 octobre, l’ordre de ralentir Starshield, version militaire du réseau satellitaire Starlink de SpaceX, serait venu de la Maison Blanche. Ce système est notamment utilisé par les forces ukrainiennes pour leurs communications sur le champ de bataille et le pilotage de drones.
Des responsables du Pentagone auraient reçu cette instruction. Les restrictions auraient perturbé plusieurs opérations ukrainiennes.
Les besoins américains passent avant les ventes aux alliés
Washington entend par ailleurs reconstituer ses propres réserves de munitions. Lors du même entretien avec Newsmax, Trump a déclaré que les États-Unis conservaient désormais leur production pour leurs propres besoins militaires, au lieu de la vendre à leurs alliés.
« Ces derniers temps, nous gardons simplement les munitions pour nous-mêmes, parce que nous en avons besoin », a-t-il expliqué. Les ventes ne reprendront qu’une fois les arsenaux suffisamment réapprovisionnés.
Trump impute notamment la baisse des stocks aux livraisons massives d’armes à Kiev sous Biden. Il affirme néanmoins que les missiles Patriot et Tomahawk arrivent désormais en quantités records.
Le président américain a également insisté sur le financement européen des achats d’armes américaines, rejetant les livraisons gratuites qu’il reproche à son prédécesseur. Le 11 octobre, Washington menaçait de suspendre certaines livraisons à Kiev dans le cadre du programme PURL, qui permet aux partenaires européens de financer l’achat d’armements américains destinés à l’Ukraine.