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Égypte : un soutien militaire à Riyad, mais sans attaque au Yémen

L’Égypte se dit prête à défendre le territoire saoudien contre les missiles et drones houthis, mais exclut toute attaque contre le Yémen. Le soutien pourrait comprendre de la défense antiaérienne et anti-drones, du renseignement, de la logistique et des escortes navales.

L’Égypte veut aider l’Arabie saoudite face aux attaques houthies, mais en fixant une ligne rouge : aucune frappe égyptienne n’est prévue au Yémen. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a précisé le 21 octobre que l’éventuel engagement militaire du Caire serait strictement limité à la défense du territoire et des frontières saoudiennes. « Je ne parle pas d’affronter ou d’attaquer qui que ce soi », avait-il déjà insisté le 17 octobre.

Concrètement, l’aide envisagée pourrait prendre la forme de moyens de défense antiaérienne et antimissile, de systèmes anti-drones, de partage de renseignement, d’escorte navale ou encore d’un soutien logistique. L’objectif serait donc de permettre à Riyad d’intercepter les missiles et drones houthis visant ses villes, ses aéroports et ses infrastructures pétrolières, sans participer aux bombardements saoudiens sur Sanaa ou d’autres zones contrôlées par les Houthis.

Le précédent des années 1960

La prudence égyptienne s’explique aussi par l’histoire. Dans les années 1960, l’Égypte du président Gamal Abdel Nasser avait envoyé des dizaines de milliers de soldats au Yémen et subi de lourdes pertes. Ce passé reste très présent au Caire, qui veut éviter d’être aspiré dans une nouvelle guerre terrestre longue et coûteuse.

Politiquement, l’Égypte affiche néanmoins un soutien très fort à Riyad. Son Conseil national de défense a approuvé le 18 octobre « toutes les formes de soutien nécessaires et possibles » pour protéger la sécurité et l’intégrité territoriale saoudiennes. Le Parlement doit encore se prononcer le 26 octobre sur l’autorisation d’un éventuel engagement militaire, conformément à la Constitution.

Le Caire envoie donc un message double : il voit en l’Arabie saoudite un partenaire stratégique dont la sécurité fait partie de la sécurité nationale arabe, mais refuse pour l’instant de transformer sa solidarité en intervention offensive contre les Houthis.