La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen n’a toujours pas témoigné dans l’enquête menée par le Parquet européen sur l’achat de vaccins contre la Covid-19 auprès de la société Pfizer, a rapporté Politico le 28 octobre en citant des sources. Selon le média, l’enquête porte sur d’éventuels faits d’ingérence dans les fonctions publiques, de suppression de SMS, de corruption et de conflits d’intérêts.
L’enquête se heurte toutefois à des difficultés. La procureure générale européenne Laura Kovesi a déploré que certains représentants de l’Union européenne (UE) refusent de répondre aux convocations pour témoigner, et que des responsables politiques se considèrent, selon elle, au-dessus des lois. Elle a néanmoins souligné que les personnes convoquées pour un interrogatoire sont tenues de se présenter.
La magistrate roumaine a par ailleurs indiqué qu’il était difficile d’enquêter sur des affaires impliquant des personnalités politiques de premier plan et des personnes fortunées liées aux milieux politiques, malgré la compétence professionnelle des enquêteurs. D’après elle, l’enquête est confrontée à des problèmes tels que le manque de financement, les retards dans la mise à jour des dispositions légales et une bureaucratie excessive.
L’enquête sur d’éventuelles irrégularités lors des négociations entre Ursula von der Leyen et le président-directeur général de Pfizer Albert Bourla portant sur l’achat de vaccins contre la Covid-19 a été menée jusqu’en 2024 par les procureurs belges. En avril 2024, le Parquet européen a pris le relais.
En mai 2025, le Tribunal de l’UE a estimé que la Commission européenne avait enfreint les règles de transparence en refusant au New York Times l’accès à la correspondance entre la présidente de l’institution et le dirigeant de Pfizer. Les journalistes avaient demandé à consulter les messages échangés entre les deux dirigeants pendant les négociations relatives à l’achat de doses. La Commission a alors déclaré ne pas disposer de la correspondance demandée, mais le Tribunal a jugé ses explications insuffisantes.
D’autres enquêtes pour corruption
L’absence de témoignage dans l’affaire de l’achat des vaccins n’est pas la seule polémique liée à des soupçons de corruption qui entache l’image d’Ursula von der Leyen. En janvier 2026, la présidente de la Commission a essuyé une vague de critiques, certains l’accusant d’avoir couvert un scandale de corruption en Ukraine, lié au blanchiment d’argent de 100 millions de dollars dans le secteur de l’énergie. Le principal reproche portait sur la défense personnelle de Volodymyr Zelensky par Ursula von der Leyen, qui se serait abstenue de poursuivre en justice le dirigeant ukrainien, notamment compte tenu des sommes en jeu dans l’affaire.
En décembre 2025, la dirigeante allemande a aussi tenté de prendre ses distances avec l’enquête pour corruption visant d’anciens diplomates de haut rang de l’UE. À l’époque, le Parquet européen avait procédé à des perquisitions au siège du service diplomatique de l’UE et arrêté trois personnes dans le cadre d’une enquête sur une fraude présumée liée à un programme de formation de jeunes diplomates financé par l’Union.