Le parti allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) envisage d’organiser au printemps 2027 un sommet réunissant des représentants de la Russie, de l’Allemagne et des États-Unis, rapporte Le Monde le 8 novembre, citant Markus Frohnmaier, vice-président du groupe parlementaire AfD au Bundestag.
Selon le responsable politique allemand, cette rencontre serait l’occasion de discuter des partenariats économiques et énergétiques, notamment de l’avenir des gazoducs Nord Stream. Le Monde rapporte également que Moscou aurait déjà confirmé sa participation par l’intermédiaire du représentant spécial du président russe, Kirill Dmitriev.
L’Europe se précipite vers la table d’Abou Dhabi, sans avoir encore reçu d’invitation
Cette initiative est rendue publique à l’approche des négociations tripartites entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine, prévues les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi. Bien que la participation de l’Europe n’ait pas été annoncée, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que des représentants européens se joindraient tout de même à ces discussions, sans préciser qui représenterait exactement le Vieux Continent. Bloomberg, citant des sources, a pour sa part indiqué que des responsables européens seraient vraisemblablement présents dans la ville dès le début de la réunion.
Jared Kushner, négociateur pour l’Ukraine et gendre de Donald Trump, n’a pas non plus exclu la participation de la partie européenne aux discussions. Il a souligné qu’un tel scénario était possible en cas de succès des négociations tripartites à Abou Dhabi, sans préciser toutefois s’il s’agissait des mêmes négociations aux Émirats arabes unis ou d’éventuelles réunions ultérieures.
Moscou, quant à elle, doute du bien-fondé de la participation de la partie européenne. Selon Dmitri Peskov, si l’Europe doit être présente autour de la table pour le règlement du conflit ukrainien, cela n’est pas possible compte tenu de son approche actuelle. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a également mis en doute la capacité des Européens à jouer un rôle constructif dans les négociations. Il a souligné que l’Europe avait manqué l’occasion de jouer un rôle de médiateur, rappelant l’échec des accords conclus en 2014 entre l’ancien président ukrainien et l’opposition, ainsi que celui des accords de Minsk. Paris et Berlin s’étaient portés garants de ces textes, mais n’avaient finalement pas réussi à en assurer la mise en œuvre.
La pertinence de la participation des pays européens aux négociations a été remise en question plus encore après l’annonce des projets de la « coalition des volontaires » visant à organiser des exercices militaires de soi-disant forces multinationales en faveur de l’Ukraine, du 9 au 22 novembre en Pologne. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré que de tels projets confirmaient une fois de plus que les Européens n’avaient rien à faire à la table des négociations sur l’Ukraine.