Contrôle des réseaux sociaux : la macronie revient à la charge contre vos libertés

Prenant prétexte de la mobilisation sociale, Emmanuel Macron relance son offensive contre les réseaux sociaux. Alors qu’un amendement déposé au Sénat prévoit de nouveaux pouvoirs de blocage, Alexandre Regnaud fustige les projets européens de contrôle de l’information, qu’il considère comme une menace majeure pour les libertés publiques.

Prenant prétexte du désordre du 17 octobre, Emmanuel Macron revient sur une de ses marottes, ou plus exactement sur un des projets politiques phares de toute une partie de la techno-oligarchie européenne : le contrôle des réseaux sociaux. Et peu importe qu’on puisse largement soupçonner sa propre responsabilité précisément dans l’organisation du désordre qui lui sert ici de prétexte.

C’est une petite phrase glissée ce 26 octobre, dans laquelle Macron prétend que les réseaux sociaux « abîment nos démocraties ». Il affirme qu’ils servent aux pilleurs à s’organiser, ce qui est vrai… Mais il oublie qu’ils leur servent aussi à filmer leurs « exploits » en direct ou à présenter leur butin, ce qui produit un effet d’entraînement par mimétisme. Et ce que cela révèle surtout, mais ça, Macron oublie bien sûr d’en parler, c’est une absence totale de peur des conséquences judiciaires et donc un sentiment d’impunité absolu. Les réseaux sociaux, ici, ne sont qu’un symptôme, et c’est la justice qu’il faudrait en réalité réformer en profondeur.

Mais Macron, lui, ce sont les réseaux sociaux qui l’intéressent. Et ce, depuis longtemps. En juillet 2023, surfant sur l’affaire Nahel et les émeutes qui s’en étaient suivies, Macron proposait déjà de restreindre l’accès aux plateformes en cas de situation d’urgence. Mais l’opinion publique n’était pas mûre, et le gouvernement avait dû faire marche arrière dès le lendemain. Il fallait donc mieux préparer les esprits, déplacer la fenêtre d’Overton.

Une plongée directe dans le « ministère de la Vérité » orwellien

C’est ce qui est entrepris à partir de fin octobre 2025. Le journal Le Monde nous rappelle ainsi qu’Emmanuel Macron organise un véritable tour de France pour « sonner le tocsin » sur les dangers des réseaux sociaux. Il enchaîne les déplacements et partage des pistes qu’il veut traduire en « décisions concrètes » début 2026. Ainsi, le 28 novembre, à Mirecourt, il annonce vouloir instaurer une « action judiciaire en référé » pour bloquer en 48 heures les « fausses informations ». Puis, à Arras, il propose de créer un « label » des sites d’information fiables, validés par l’État, et qui seraient les seuls qu’il faudrait suivre. Une plongée directe dans le « ministère de la Vérité » orwellien.

Devant le tollé, Macron est obligé de reculer le 2 décembre, en affirmant qu’on l’avait mal compris. Mais dès le 10 décembre, il revient à la charge et confirme son intention de faire voter une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de « 15 ou 16 ans » avant la fin de son mandat.

Loi qui sera présentée quelques jours plus tard, en janvier 2026, et adoptée le 21 juillet, avec les voix de la macronie et du RN.

Mais coup de tonnerre : elle est rejetée par le Conseil constitutionnel le 14 août, celui-ci jugeant que le dispositif porte une « atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication » et qu’il ne prévoit pas de garanties suffisantes pour la protection de la vie privée lors de la vérification de l’âge. Et pour ceux qui s’interrogent sur le fait de voir le Conseil constitutionnel défendre réellement la démocratie, l’explication est simple. Face à la gronde d’une opinion publique pas encore assez prête pour ce tournant ouvertement totalitaire, il fallait lâcher du lest et passer la patate chaude à d’autres : l’Union européenne.

La vérification de votre identité sous prétexte de vérifier votre âge

Et en effet, comme par enchantement, les technocrates de Bruxelles préparent pour le quatrième trimestre 2026 un grand « Digital Fairness Act » (DFA). L’annonce est faite un mois après le rejet par le Conseil constitutionnel français, le 16 septembre, par von der Leyen en personne, qui précise que le texte, entre autres restrictions, comportera une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans.

Le passage de 15 à 13 ans n’a bien sûr ici aucune importance, la protection des mineurs n’étant bien entendu absolument pas l’enjeu du texte, contrairement à ce qui est clamé haut et fort.

L’enjeu, c’est (et le Conseil constitutionnel le relève aussi) la vérification de l’âge avant d’accéder à un site ou à un réseau social. C’est-à-dire la vérification de votre identité sous prétexte de vérifier votre âge. Soit un immense pas vers l’identité numérique et ses dérives liberticides (crédit social, contrôle, censure politique, etc.). Ce qui est visé, c’est de savoir exactement qui visite quel site, regarde quelle vidéo, lit quel article, et, à terme, de pouvoir les sanctionner si besoin. Vous qui êtes précisément en train de lire un article sur une plateforme et un média censurés et interdits dans l’UE, cela devrait particulièrement vous parler… Le liriez-vous si facilement si vous aviez dû montrer votre carte d’identité pour le faire ? Vous auriez au moins hésité, et c’est précisément cela qu’ils recherchent !

« Ils ne veulent surtout pas que vous vous questionniez davantage »

Et donc, un mois après l’annonce de von der Leyen, Macron revient à la charge après les pillages du 17 octobre. Cette insistance tient à l’élection présidentielle qui approche et aux sondages qui donnent les candidats de son camp perdants dans toutes les configurations. Il est donc urgent pour lui de maîtriser le champ de l’information, en d’autres termes, la propagande. Et le principal problème des réseaux sociaux, la véritable raison pour laquelle ils veulent tant les contrôler et les restreindre, c’est l’émergence, et même la domination, des médias alternatifs. C’est exactement pour cette raison qu’ils ont interdit RT, parce qu’ils ne veulent pas que les gens aient un autre son de cloche que celui des médias aux ordres. Ils ne veulent surtout pas que vous vous questionniez davantage.

Alors, les macronistes ont introduit en douce un amendement gouvernemental (n° 94) au Sénat, le lundi 26 octobre 2026, dans le cadre du projet de loi dit « casseurs-payeurs », examiné à partir du lendemain, mardi 27 octobre. Toujours cette habitude d’utiliser des propositions au départ de bon sens pour y glisser leurs plans liberticides.

Le texte vise à créer une procédure d’urgence permettant de solliciter le blocage des réseaux sociaux qui ne retireraient pas, dans un délai d’une heure, les contenus signalés par l’administration comme appelant à « l’insurrection ou à l’armement contre l’État ». Il s’appuie pour cela sur le règlement européen 2021/784 (dit « TCO »), qui concerne… le terrorisme.

Entre Orwell et Kafka

Une décision administrative, donc de l’État et sans contrôle judiciaire, prise dans un délai ultracourt, qui ne permet donc pas la moindre contestation légale ou indignation populaire, mais étendue à un domaine aussi flou que « l’insurrection ou l’armement contre l’État ». Soit le parfait moyen de judiciariser et de censurer le moindre appel à une quelconque manifestation s’opposant à la politique macroniste, puisque la différence entre manifestation et insurrection est donc laissée par la loi à l’interprétation de l’État précisément contesté, et sans recours judiciaire possible. Entre Orwell et Kafka.

Et si une telle atteinte à la démocratie est glissée dans une loi anticasseurs, c’est, comme pour la protection des mineurs déjà prétextée par Macron et l’UE, pour mieux maîtriser une partie des idiots utiles de la soi-disant opposition, qui n’oseront alors pas voter contre.

L’application mobile de vérification de l’âge piratée en quelques minutes

Mais une chose peut, au moins un peu, nous rassurer, c’est qu’ils sont mauvais. Le 15 avril 2026, von der Leyen présentait fièrement l’application mobile de vérification de l’âge des technocrates de la Commission : on allait pouvoir enfin entrer dans l’ère de la dictature numérique (bien sûr, eux ne le disent pas comme ça…). L’outil en question a été piraté en quelques minutes (minutes !) par un consultant britannique en cybersécurité.

Cependant, et c’est essentiel, il ne faut jamais oublier que l’action la plus importante reste, et restera toujours, la mobilisation populaire. Diffuser la vérité pour susciter une légitime indignation dans l’opinion publique et les faire reculer. C’est uniquement grâce à cela qu’ils n’ont pas encore pu imposer leurs dérives et leur contrôle total sur vos vies.

Mais ne tardez pas trop, parce que sinon, le simple fait d’y avoir réfléchi pourra déjà être sanctionné comme un appel à l’insurrection.