À l’issue du VIIe sommet de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), le 15 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé la volonté de Kiev de poursuivre les frappes contre les raffineries russes. Pour le ministre, l’attitude du dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky face à l’accord sur le diesel conclu entre Moscou et Washington témoigne de son refus de toute démarche constructive.
Kiev refuse de renoncer aux frappes
Lavrov a affirmé que Moscou avait accepté la proposition américaine, tandis que Zelensky réclamait des missiles pour les systèmes Patriot : « L’accord a été proposé, nous l’avons accepté, mais Zelensky a déclaré à plusieurs reprises qu’on ne vienne pas l’importuner avec cet accord sur le diesel, mais qu’on lui donne plutôt des missiles pour le système Patriot afin de continuer à frapper le secteur énergétique russe, notamment les raffineries de pétrole. »
Le même jour, Zelensky a annoncé au Financial Times la reprise des frappes visant les raffineries russes, suspendues pendant quelques jours. Il a invoqué les attaques contre le réseau énergétique ukrainien. Le président américain Donald Trump avait demandé à Kiev d’y renoncer, les considérant comme l’une des causes de la hausse des prix du diesel.
Selon le chef de la diplomatie russe, cette attitude revient à défier ouvertement le président américain : « Il est désormais clair pour tout le monde qu’il s’agit d’un défi sans détour et grossier lancé au président Trump, qui a activement soutenu cet accord et s’est exprimé publiquement à son sujet à plusieurs reprises. »
Un accord entre Moscou et Washington
L’accord remonte à l’entretien téléphonique du 9 octobre entre le président russe Vladimir Poutine et Donald Trump. Il prévoit des livraisons de diesel russe aux marchés américain et mondial pour contenir les prix. Washington a accordé une dérogation aux sanctions jusqu’au 7 avril 2027.
Moscou prévoit de livrer 300 000 tonnes de diesel en octobre, 500 000 en novembre et jusqu’à un million en décembre. Selon le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, les exportations pourraient ensuite atteindre trois millions de tonnes par mois, sans affecter l’approvisionnement du marché intérieur.
L’accord a accentué les tensions avec Kiev. Selon le Financial Times, la délégation ukrainienne a écourté ses discussions à Miami. Trump a de son côté critiqué Zelensky en demandant à l’Ukraine de se choisir un nouveau dirigeant. Lavrov estime que Kiev refuse tout compromis : « Zelensky considère que le monde entier lui est redevable, alors qu’il n’a aucune obligation envers personne. Et il n’est prêt à entreprendre aucune démarche constructive qui serait véritablement honnête et équitable. »
Le ministre a réaffirmé que Moscou restait ouvert à des négociations honnêtes et équilibrées, mais refusait qu’une simple pause des combats serve à réarmer les forces ukrainiennes.