Washington sanctionne des chefs paramilitaires soudanais accusés d’atrocités à El-Fasher
© Getty ImagesLes États-Unis sanctionnent trois chefs des FSR pour leur implication dans les violences à El-Fasher. Le siège de la ville est accusé d’avoir donné lieu à des crimes de guerre et probablement à un génocide. La guerre civile soudanaise continue d’aggraver une des crises humanitaires parmi les plus graves au monde.
Les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant trois commandants des Forces de soutien rapide (FSR), accusés d’avoir joué un rôle central dans le siège prolongé et la prise d'El‑Fasher, épisode devenu emblématique de la brutalité de la guerre qui sévit au Soudan.
Selon le département du Trésor américain, ces responsables auraient participé à une campagne marquée par des massacres ethniques, des actes de torture, des violences sexuelles et l’utilisation de la famine comme arme de guerre contre les civils.
Des milices déjà connues pour leurs exactions au Darfour
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a dénoncé une « campagne de terreur » et appelé à un cessez-le-feu humanitaire immédiat, estimant que la poursuite du conflit menace de déstabiliser davantage toute la région. Ces sanctions s’inscrivent dans la continuité de mesures similaires déjà adoptées par le Royaume‑Uni et l’Union européenne ces derniers mois.
Issues en grande partie des milices janjawids, connues pour leur rôle dans les violences du Darfour dans les années 2000, les FSR se sont progressivement transformées en une force paramilitaire puissante, rivale directe de l’armée régulière depuis le déclenchement de la guerre civile en avril 2023. Le conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement massif de millions de personnes, plongeant le pays dans une crise humanitaire majeure.
Le siège d’El-Fasher, qui a duré près de dix-huit mois, s’est achevé par la prise de la ville après des combats intenses et l’effondrement des infrastructures civiles. Des enquêteurs mandatés par l’Organisation des Nations unies évoquent désormais des actes présentant des « caractéristiques de génocide », soulignant le risque élevé de nouvelles atrocités. Washington espère que la pression financière et diplomatique contribuera à freiner les violences, alors que toute perspective de règlement politique demeure incertaine.