RDC : ouverture d’un forum à Beni pour intensifier la lutte contre les rebelles des Forces démocratiques alliées
© X / Immaculée bwasso officielL’initiative régionale réunit plusieurs acteurs majeurs issus de différents secteurs politique, militaire et diplomatique pour tenter de trouver les moyens d’endiguer les violences et d'intensifier la lutte de la RDC, de l'Ouganda et de leurs partenaires internationaux contre les Forces démocratiques alliées rebelles.
La ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), accueille un forum régional consacré à la lutte contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Il s’est ouvert ce 23 février pour une durée de deux jours. Cette rencontre, la première du genre, réunit plusieurs responsables politiques, sécuritaires et diplomatiques, venus de la RDC et de l’Ouganda, mais aussi des représentants des provinces touchées par les violences du groupe armé, notamment le Nord et le Sud-Kivu, l’Ituri et le Maniema.
Des représentants des Nations unies et de la MONUSCO, des partenaires bilatéraux, des représentants de la société civile, des leaders communautaires et des experts participent également à l’événement, qui s’est fixé pour objectif d’intensifier la lutte et d’harmoniser la compréhension de la menace que représentent les ADF, de renforcer les mécanismes transfrontaliers et de mobiliser une réponse régionale et internationale plus coordonnée contre cette menace.
Les organisateurs nourrissent l’ambition de poser les bases d’une stratégie plus efficace pour endiguer l’insurrection et les violences de l’ADF qui perdurent depuis treize ans, résistant même aux efforts de l’armée congolaise.
Contexte sécuritaire tendu
Depuis 2013, les rebelles de l’ADF seraient responsables de la mort de 13 000 à 18 000 civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, selon les organisations de défense des droits de l’homme qui opèrent dans la région. Des sources onusiennes et sécuritaires attribuent au groupe armé d’origine ougandaise, qui serait affilié à l’État islamique, la mort d’au moins 400 civils en 2025, tués dans une centaine d'attaques dans l’est de la RDC. Selon les mêmes sources, l’année écoulée serait l’une des plus meurtrières pour les populations locales.
Les rebelles de l’ADF sont accusés d’attaques contre des civils dans l’est de la RDC, durant lesquelles des exécutions, des enlèvements et des incendies de villages auraient été perpétrés. Les efforts conjoints des armées congolaise et ougandaise, appuyées par la Monusco, ne sont pas parvenus à venir à bout des violences du groupe qui se poursuivent, s'étendant même à des zones jusque-là relativement épargnées. Une situation qui a contraint des milliers de personnes au déplacement forcé pour fuir les attaques des rebelles.
Les défis qui se posent au forum
Le forum tente de combler les lacunes qui empêchent justement de venir à bout de la menace des rebelles de l’ADF, notamment l’absence de stratégie intégrée au niveau national pour la lutte contre le terrorisme. Des experts sécuritaires évoquent aussi l’absence de programmes de déradicalisation dans un contexte très intriqué mêlant la menace des groupes armés locaux aux réseaux extrémistes transnationaux. Selon la presse locale, le succès de cette initiative se mesurera uniquement par sa capacité à mener des actions concrètes sur le terrain, qui ne pourront se faire sans volonté politique déterminée, ressources adéquates et coopération locale et internationale efficace.
Les violences continuent toujours du côté de l’AFC/M23
Le week-end dernier a été marqué par des combats particulièrement intenses et « l’un des épisodes les plus violents enregistrés dans la zone depuis le début de l’année », selon des sources locales, dans les hauts plateaux de Minembwe, en province du Sud-Kivu, entre les combattants Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23, et l’armée congolaise soutenue par l’armée burundaise et les miliciens Wazalendo. Au terme des combats, qui ont contraint des milliers de civils à fuir leurs villages, le lieutenant Kalondji Mbuyi, porte-parole de l’armée congolaise, a affirmé que plusieurs villages situés dans ce secteur avaient été repris aux rebelles de l’AFC/M23.
Au Nord-Kivu, la situation ne semble guère meilleure avec la fuite de plus de 200 000 personnes depuis le début de février, la destruction de dizaines de maisons par les bombardements aériens et les combats entre l’armée et les rebelles de l’AFC/M23 signalés le 22 février dans le territoire de Masisi, rapportent plusieurs sources de la société civile locale.