Zambie : blocage des négociations avec l’Inde sur les minerais critiques
© Manish Swarup Source: APLes négociations entre l’Inde et la Zambie sur les minerais stratégiques sont à l’arrêt. En cause : l’absence de garanties de Lusaka sur les droits miniers, un point clé pour New Delhi dans sa stratégie de sécurisation des approvisionnements en matières premières essentielles à son industrie.
Les discussions engagées entre l’Inde et la Zambie sur l’exploitation de minerais critiques connaissent un coup d’arrêt, selon des sources proches du dossier. Les négociations bloquent sur l’absence d’assurances fournies par les autorités zambiennes concernant l’octroi des droits d’exploitation minière, un préalable jugé indispensable par New Delhi.
L’année dernière, l’Inde avait pourtant obtenu une zone d’exploration de 9 000 km² en territoire zambien afin d’y rechercher du cobalt, métal stratégique utilisé dans les batteries des véhicules électriques et des téléphones portables, ainsi que du cuivre, essentiel dans les secteurs de l’électricité, de l’électronique et de la construction.
Dans ce cadre, New Delhi avait dépêché sur place une équipe de géologues, revenue avec plusieurs échantillons de minerais, notamment de cobalt et de cuivre. Le programme d’exploration devait s’étendre sur trois ans, avant une éventuelle ouverture à des entreprises privées indiennes, sous réserve d’obtenir les autorisations d’exploitation.
Cependant, les autorités zambiennes n’ont, à ce stade, fourni aucune garantie formelle sur les droits miniers à l’issue de cette phase, freinant ainsi la poursuite du projet. Les raisons de cette réserve de Lusaka n’ont pas été précisées.
Sécuriser les approvisionnements
Selon l’une des sources, l’Inde tente actuellement de relancer les discussions, mais l’issue des pourparlers demeure incertaine. Ce dossier s’inscrit dans une stratégie plus large de New Delhi visant à sécuriser l’accès aux minerais critiques, devenus indispensables pour les technologies vertes, l’industrie électronique et les infrastructures énergétiques.
L’Inde mène ainsi des discussions avec plusieurs pays africains pour acquérir, sur une base intergouvernementale, des blocs miniers stratégiques. Elle explore également des opportunités similaires en Australie et en Amérique latine.
Cette offensive diplomatique et économique intervient alors que le pays s’inquiète de sa dépendance croissante aux importations de métaux stratégiques, dans un contexte de tensions sur les marchés mondiaux.
Un dépendance accrue au cobalt
Le marché du cuivre constitue à cet égard une préoccupation majeure pour New Delhi. Depuis la fermeture en 2018 de la fonderie Sterlite Copper du groupe Vedanta, les importations indiennes ont fortement augmenté.
Au cours de l’exercice budgétaire clos en mars 2025, l’Inde a importé 1,2 million de tonnes de cuivre, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente.
La dépendance est encore plus marquée pour le cobalt, dont le pays importe quasiment la totalité de ses besoins. Les importations d’oxyde de cobalt ont ainsi progressé de 20 % en 2024-2025, atteignant 693 tonnes métriques, selon les données officielles.