Sénégal : les consultations du dialogue national de Bassirou Diomaye Faye
© X / feusseul DIOMAYELe président sénégalais a entamé une série de consultations individuelles avec d’anciennes figures du pouvoir dans le cadre d’un dialogue national qui ambitionne de tirer profit de l’expérience de ces personnalités dans l’exercice du pouvoir.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye poursuit la deuxième journée de la première phase de consultations menées du 21 au 24 mai dans le cadre du dialogue national portant sur des questions économiques et sécuritaires du Sénégal. Les échanges ont surtout eu lieu avec d’anciens hauts cadres gouvernementaux, d’anciens Premiers ministres et des ministres ayant assumé les portefeuilles des Finances et de l’Intérieur, dans une démarche visant à bénéficier de leur expérience dans l'exercice de leurs fonctions. Parmi les anciens chefs de gouvernement reçus par le chef de l'État sénégalais figurent Abdoul Mbaye, Aminata Touré, Amadou Ba, Hadjibou Soumaré, Mamadou Lamine Loum et Sidiki Kaba. Ce dernier a accepté de répondre à l’invitation présidentielle, malgré son appartenance au parti l’Alliance pour la République (APR), qui a boycotté l’initiative.
Pour la présidence sénégalaise, l’initiative constitue une occasion d'engager une confrontation sereine des points de vue et de rechercher des consensus durables au bénéfice des Sénégalais ainsi que du rayonnement international du pays, explique la presse locale.
L’opposition sénégalaise grince des dents
Le Front pour défense de la démocratie (FDR) a déclaré par voie de communiqué, daté du 20 mai, que l’initiative engagée par le chef de l'État « ne le convainc pas », pointant un « déficit de transparence et d’inclusivité ». Le FDR dénonce un manque de clarté dans l’ordre du jour, et les modalités des échanges l'incitent à ne pas se considérer comme concerné par l’initiative.
Pour sa part, l'APR, qui boycotte aussi le dialogue national, a dénoncé elle aussi un format jugé non inclusif, critiquant dans la foulée ce qu’elle considère comme une « persécution » judiciaire à l’encontre de ses anciens responsables.
Réserves au sein du camp présidentiel
Si l’opposition sénégalaise a été critique vis-à-vis de l’initiative présidentielle, le parti des patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF) a, pour sa part, émis des réserves concernant les orientations prises par les consultations et ses implications politiques.
Plusieurs membres du PASTEF estiment en outre que la priorité devrait plutôt être accordée aux préoccupations quotidiennes des citoyens sénégalais. Pour d’autres militants du parti, la participation d’anciens Premiers ministres est critiquable, notamment à cause de leur éventuelle responsabilité dans les crises qui ont précédé le gouvernement actuel.
Il convient de noter que malgré les positions prises par les partis, les thématiques de la consultation demeurent toujours cruciales pour le pays, selon les observateurs. De la problématique de la dette aux difficultés de vie quotidienne des citoyens en passant par les divergences avec le FMI, sur le plan économique, l’organisation des élections locales et la gestion des tensions partisanes sur le plan politique ou encore la situation sécuritaire tendue sur fond de menace terroriste et de crise au Mali, la présidence sénégalaise maintient, malgré les contraintes, cet esprit traditionnel de dialogue où se croisent la pacification, la concertation et la controverse.