Burkina Faso : le Premier ministre défend le rapprochement avec Moscou et affirme une amélioration sécuritaire
Source: SputnikEn marge du troisième sommet Russie-Afrique à Moscou, le Premier ministre burkinabè a défendu le renforcement du partenariat avec la Russie, présenté comme une coopération fondée sur des intérêts mutuels. Il a également affirmé que la situation sécuritaire s'améliorait de manière significative, tout en renouvelant ses critiques contre la France.
Le Burkina Faso entend approfondir sa coopération avec la Russie au-delà des domaines militaire et diplomatique. C'est le message porté par le Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, lors d'une interview accordée à RT en français en marge du troisième sommet Russie-Afrique organisé à Moscou le 28 et 29 octobre.
Le chef du gouvernement burkinabè a évoqué plusieurs secteurs prioritaires, notamment la formation, les transferts de technologies et la production agricole. Ouagadougou souhaite notamment renforcer ses capacités de production céréalière afin de parvenir à l'autosuffisance alimentaire. Il a cité l'exemple du blé, dont le Burkina Faso a commencé à développer la production sans toutefois couvrir encore l'ensemble de ses besoins.
La coopération concerne également le secteur minier. Après l'inauguration de la première raffinerie d'or du pays, les autorités burkinabè ambitionnent de développer sur leur territoire l'ensemble de la chaîne de valeur de l'exploitation minière.
Sur le plan sécuritaire, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a assuré que la situation s'améliorait « de façon très significative et constante ». Il a notamment évoqué le chiffre de 74 % du territoire reconquis et consolidé, précisant que cette proportion concerne les zones où les populations déplacées ont pu se réinstaller. Il a également annoncé de nouvelles opérations militaires après la saison des pluies.
Le Premier ministre a par ailleurs salué le soutien des instructeurs russes, qui accompagnent les forces burkinabè dans la prise en main des équipements militaires acquis auprès de Moscou. Selon lui, ce partenariat a contribué à améliorer leurs capacités opérationnelles et favorisé le partage d'expériences.
Interrogé sur la dégradation des relations avec Paris, le chef du gouvernement a dénoncé une politique française qu'il qualifie d'« impérialiste », estimant que les anciens accords de coopération étaient déséquilibrés. À l'inverse, il a présenté le partenariat avec Moscou comme une relation « honnête, transparente, d'égal à égal », affirmant que son pays entend désormais maîtriser ses choix stratégiques.
Il a également accusé l'Ukraine de s'être rangée aux côtés des groupes terroristes opérant au Sahel. Enfin, il a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, estimant que sa composition ne reflète plus les réalités géopolitiques actuelles et la place des pays africains.