Une position fragile face à la Chine et aux États-Unis : la Cour des comptes exhorte la France à accélérer dans le quantique
© David Zorrakino/Europa Press Source: Gettyimages.ruLa Cour des comptes salue les premiers résultats de la stratégie quantique, tout en alertant sur la vulnérabilité de la France dans cette course technologique stratégique. Face à l’accélération américaine et chinoise, elle appelle à mobiliser des capitaux privés et à nouer des partenariats européens pour préserver la souveraineté nationale.
La Cour des comptes dresse un bilan contrasté de l’effort français en informatique quantique. Si les investissements initiaux ont porté leurs fruits, la position hexagonale reste « fragile » dans un contexte de concurrence internationale exacerbée.
Des atouts scientifiques confirmés, mais une course qui s’accélère
Lancée en 2021 avec 1,8 milliard d’euros (dont 1,5 milliard publics), la stratégie nationale quantique (SNQ) a permis de conforter les atouts scientifiques de la France et de faire émerger un écosystème industriel prometteur, selon les Sages de la rue Cambon. L’informatique quantique a concentré 86 % des fonds, avec 597 millions d’euros engagés fin 2025. Une nouvelle enveloppe d’un milliard d’euros a été annoncée par Emmanuel Macron en mai 2026.
Pourtant, la Cour estime que ce plan « n’est plus adapté à l’accélération de la concurrence internationale et aux besoins de passage à l’échelle ». « Face aux États-Unis et à la Chine, qui disposent de capacités d’investissement sans commune mesure, la position française dans la course à l’ordinateur quantique demeure fragile », alerte le rapport qui insiste sur la nécessité d’investir pour préserver la souveraineté française en la matière.
«Les enjeux de souveraineté sont colossaux» : la Cour des comptes appelle à renforcer le soutien au calcul quantique pour éviter la «prédation» de pépites françaises https://t.co/PkofKlz3bVpic.twitter.com/LE78wjHEJJ
— L'Usine Nouvelle (@usinenouvelle) July 19, 2026
Les exemples étrangers inquiètent. La startup britannique Oxford Ionics, issue de l’Université d’Oxford, a été rachetée en 2025 par l’américain IonQ pour plus d’un milliard de dollars.
La France doit éviter une telle « prédation » de ses pépites technologiques.
La Cour insiste sur la nécessité de « mobiliser davantage de capitaux privés », de préciser les choix stratégiques et de développer des partenariats européens. Aucune entreprise européenne d’informatique quantique n’est cotée en bourse, contre onze dans le monde : un fait révélateur de la faiblesse des marchés de capitaux européens. La Cour entend ainsi alerter alors que la France connaît déjà un retard important en matière d’intelligence artificielle.
Le marché mondial, estimé à 1,1 milliard d’euros début 2025, pourrait atteindre 8,7 à 13 milliards d’ici 2035. Sur le plan national, les startups restent fortement dépendantes des fonds publics.
La Cour recommande de renforcer l’effet de levier sur les financements privés, d’accroître les avances remboursables et la commande publique via le programme PROQCIMA, tout en inscrivant le soutien dans une trajectoire durable. Sur X, un internaute rappel que la France dispose déjà du plus puissant ordinateur quantique photonique du monde : « Bélénos ».
Quandela, 1 incroyablement talentueuse pépite française (financée par les investisseurs fr et ou européens !!!)
— AMB (@AMARIEBL) July 20, 2026
Le génie français est là et bien là..
Personne ne le sait mais la France a le plus puissant ordinateur quantique photonique du monde : Bélénos https://t.co/XmZQiwOfwq
Des verrous scientifiques persistent cependant, notamment en logiciels, mais la France dispose d’atouts, notamment dans les technologies habilitantes et grâce à son mix énergétique. L’émergence d’un ordinateur quantique utile est envisagée entre 2030 et 2035, avec des applications révolutionnaires en pharmacie, matériaux, optimisation industrielle et cryptographie.
La formation n’est pas en reste : près de 1 100 étudiants sont accueillis dans 37 masters, dont 13 dédiés au quantique. Mais l’incertitude sur les financements post-2028 limite la visibilité dans un contexte électoral hautement incertain.