Vols et arnaques : les incendies en Gironde attirent les profiteurs de crise
© Katharina Kausche/picture allianceAlors que plus de 220 000 personnes ont été évacuées en Gironde face à un mégafeu ravageur, plusieurs interpellations pour vols, recel et escroqueries ont été réalisées ces derniers jours, révélant des actes opportunistes en marge de la catastrophe.
Les sinistrés expriment une double angoisse : celle des flammes et celle de retrouver leurs biens pillés à leur retour. Les autorités, qui déploient un important dispositif de sécurité, assurent que ces faits restent marginaux, même s'ils soulignent la vulnérabilité des zones désertées.
Un dispositif massif pour contrer les prédations
Plus de 1 200 policiers et gendarmes sont mobilisés autour des zones évacuées. Leur mission inclut la sécurisation face au feu, mais aussi la prévention des intrusions dans les habitations vides. Contrôles d’identité, vérifications de véhicules et patrouilles permanentes visent à dissuader les délinquants. « Tout le secteur est quadrillé. S’il y en a, c’est extrêmement marginal, ça se compte sur les doigts d’une main. On ne peut pas parler de pillage », tente de rassurer un gendarme auprès du Figaro. Malgré ces mesures, plusieurs affaires ont été enregistrées. À Eysines, un homme est soupçonné d’avoir dérobé 44 bouteilles de grands crus dans une propriété évacuée.
🚨 En Gironde (33), alors que plusieurs villes ont été évacuées, quatre personnes ont été interpellées pour des infractions en marge les incendies.
— Police nationale (@PoliceNationale) July 29, 2026
📍 Le 26 juillet, au Haillan (33), une femme a été contrôlée dans une zone évacuée alors qu’elle transportait un sac contenant des… pic.twitter.com/Bz7ibU05Is
Au Haillan, une femme a été interpellée avec un sac contenant bijoux, outillage et objets dont elle ne pouvait justifier la provenance, elle a été placée en garde à vue pour recel de vol. À Bordeaux, deux hommes ont été arrêtés pour le vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés. Un faux psychologue proposant des séances payantes à des victimes en détresse a également été interpellé. Sur les réseaux, les témoignages affluent sur des cas de faux bénévoles venus voler aussi bien des objets que des animaux.
🔴 FLASH — Le Parc des Expositions de Bordeaux (33) deviendrait le terrain de jeux des malfrats selon cette jeune femme venue aider les sinistrés des incendies, ayant discuté avec les gendarmes sur place.
— FranceUnie 🇫🇷 (@FranceSouvUnie) July 28, 2026
👉 De nombreux vols notamment, d’animaux, ainsi que des agressions… pic.twitter.com/sm0udrrn4E
Face au risque élevé dans les quartiers entièrement vidés, certains habitants se sont organisés en « brigades citoyennes », comme au Porge, où des bénévoles en gilets orange patrouillent aux côtés des gendarmes.
L’État pointé du doigt
Cette petite ville a été particulièrement sinistrée et des habitants ont décidé d’attaquer l’État en justice, arguant que pendant que leurs maisons brûlaient, la préfète Sophie Brocas envoyait les moyens au Cap Ferret pour protéger les villas des milliardaires, acteurs et journalistes.
« Le Porge a été sacrifié » : Des habitants de Le Porge lancent une action en justice pour avoir des réponses de l’état sur la gestion de l’incendie dans la commune.
— MAGALI ROBIN (@LouBestal17) July 30, 2026
Ludivine Daurignac, habitante du Porge, a pris la tête de ce collectif. pic.twitter.com/XF2zjJu7o2
Les autorités, restées silencieuse sur le cas du Porge, recommandent d’emporter les objets de valeur lors de l’évacuation et de signaler tout mouvement suspect.
Entre action sélectives de l’État et actes opportunistes de délinquance, bien que limités, les sinistrés sont confrontés à un drame qui a déjà ravagé des milliers d’hectares et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir. La colère s’exprime aussi sur les théâtres d’incendies et sur les réseaux sociaux, alimentant des clivages sociaux et communautaires.
Elle va regretter d’avoir lâché son micro elle 😭😂 pic.twitter.com/QLTBOz2ZTg
— Le Glaive (@LeGlaive) July 30, 2026
Les forces de l’ordre maintiennent une vigilance maximale alors que le feu reste stabilisé bien que les conditions météo restent préoccupantes. Déjà, pour l’État, se profile une autre bataille, celle de l’opinion alors que les sinistrés sont très remontés et que les pompiers devraient aussi taper du poing sur la table à la rentrée de septembre.
