Scandale littéraire : Thélyson Orélien, accusé d’avoir écrit avec l’IA, désormais soupçonné de multiples plagiats
© Foc Kan/WireImage Source: Gettyimages.ruAprès les accusations d’avoir rédigé «C’était ça ou mourir» avec l’intelligence artificielle, l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien fait face à de nouvelles allégations de plagiat portant sur des textes publiés il y a plus de dix ans au Canada.
L’auteur de 38 ans, dont le roman est l’un des succès de la rentrée littéraire française et lauréat du prix Fnac, se retrouve au cœur d’une double polémique.
Avez-vous entendu parler de ce roman ? C’est le « phénomène de la rentrée littéraire ». Il est lauréat du Prix Fnac, du Prix Méduse, du Prix Première Plume, fortement pressenti pour le Prix Renaudot, et il est en lice pour les prix Goncourt, Femina, Médicis et Décembre. Ah oui,… pic.twitter.com/9evcXrPyFD
— Balance ton Claude (@Pangramed) September 21, 2026
Un compte anonyme sur X avait d’abord affirmé que son livre avait été « presque intégralement » généré par IA, selon le logiciel Pangram. Thélyson Orélien a fermement démenti, invoquant des « attaques racistes ».
Des plagiats découverts dans d’anciens textes
Le 23 septembre, le quotidien québécois La Presse a révélé qu’une chronique signée par lui en 2013 était dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article du journal philippin The Philippine Star. Le journal a ajouté une note indiquant que l’auteur avait « commis un plagiat ». Radio-Canada et d’autres médias évoquent d’autres cas, notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs. Une nouvelle primée par Radio-Canada dans les années 2010 contiendrait des phrases tirées du Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier (1960).
La rédactrice en chef du service Société au Point, Géraldine Woessner, a ainsi déclaré sur X : « pendant des années. Dans le HuffPost, La Presse, sur RFI... Jusqu'à un prix littéraire, pompé sur Pauwells. C'est vertigineux. Et dévastateur ».
Je ne sais pas pour l'IA.
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) September 23, 2026
Mais Thélyson Orélien a bel et bien plagié de très nombreux textes.
Pendant des années.
Dans le HuffPost, La Presse, sur RFI... Jusqu'à un prix littéraire, pompé sur Pauwells. C'est vertigineux.
Et dévastateur.https://t.co/x1NW5AC4dW
Le critique Eric Naulleau a réagi : « Que le véritable auteur de "C’était ça ou mourir" soit l’IA et non Thélyson Orélien est une quasi-certitude. Cet écrivain s’est par ailleurs rendu coupable de plusieurs plagiats avérés ».
Sur les réseaux sociaux, les personnalités qui ont encensé l’écrivain sont largement moquées à l’image du « philosophe » Bernard-Henri Lévy et du maire de Béziers Robert Ménard qui a fait l’éloge du livre en déclarant « c’est mon métier d’écrire… C’est formidablement écrit ».
Le boss des goyims de Béziers a lu Thyleson Orélien et son avis va vous surprendre. pic.twitter.com/4QSo04tdQr
— Sergi (@sergi_Iub) September 24, 2026
L’écrivain Amélie Nothombe est aussi ridiculisée, elle qui avait affirmé « c’est vraiment un livre prodigieux, c’est vraiment un tour de force ».
L’auteur Yannick Haenel, lui-même déjà mis en cause dans des affaires de plagiat, a aussi vanté l’ouvrage et s’est attiré les foudres de l’écrivain Marc-Edouard Nabe qui déclare « il se sont tous fait b*** » et estime que la tragédie est que le milieu littéraire ait apprécié « le mauvais goût qu’est l’IA ».
VU SUR TIKTOK : Il n’y a pas de raison qu’X n’en profite pas ! « La Chasse artificielle », l’analyse percutante de Marc-Édouard Nabe sur l’affaire Thélyson Orélien. pic.twitter.com/hG9g8j6HUJ
— Marc-Edouard Nabe (@marcedouardnabe) September 23, 2026
Les Éditions du Boréal, son éditeur québécois, affirment prendre « ces allégations très au sérieux » et déployer des efforts pour faire « toute la lumière » sur le recours éventuel à l’IA générative, en collaboration avec l’auteur. Plus généralement, l’affaire entretient le débat autour de l’usage de l’IA.