Crise budgétaire en France : la ministre des Armées brandit la menace d’un «engagement majeur» et pointe la Russie
© Daniel Gnap/NurPhoto Source: Gettyimages.ruPlaidant pour l’adoption d’un budget en hausse de 11 % malgré la crise qui guette son pays, la ministre française des Armées a, devant les députés de la commission de la Défense, brandi la menace d’un «engagement majeur» avant d’évoquer la Russie. Une menace déjà brandie lorsqu’elle était à la Santé.
« Sanctuarisé » conformément aux désidératas d’Emmanuel Macron, le budget français de la Défense est même appelé à augmenter en 2027. Dans sa copie budgétaire pour 2027, qui s’articule notamment autour de l’actualisation de la loi de programmation militaire, le gouvernement Lecornu prévoit ainsi d’allouer 63,4 milliards d’euros aux Armées l’année prochaine, soit 6,5 milliards de plus et une hausse de 11 %.
Pour faire passer la pilule, à l’heure où les Français sont appelés à des « efforts » tous azimuts et où le pays va droit dans le mur de la dette, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a notamment sorti le joker de la menace russe.
Ainsi, auditionnée en commission de la Défense le 8 octobre, elle a laissé entendre qu’une non-adoption du budget d’ici à la fin de l’année pourrait conduire à ce que « les nouveaux investissements […] tombent », que « des programmes d’armement » soient « bloqués » ou encore qu’« aucune commande » ne soit passée, « puisque nous n’aurons pas la capacité de les régler ». Le tout alors que la même ministre avait déclaré plus tôt que les forces françaises « doivent se préparer à un engagement majeur ».
« Nous le savons, plus que jamais, nos armées doivent se préparer à un engagement majeur », a-t-elle ainsi souligné dans son propos liminaire, avant d’évoquer, une dizaine de secondes plus tard, le fait qu’« en Ukraine, la guerre d’agression russe est entrée dans sa cinquième année ». « Les intentions de la Russie ne souffrent d’aucune nuance : soumettre l’Ukraine et imposer aux Européens une nouvelle organisation de sécurité, qui se ferait bien sûr à notre détriment », a-t-elle poursuivi.
Budget en hausse : Vautrin assure de la volonté de Paris de « maîtriser » les dépenses
Après avoir évoqué une Russie qui « accroît sa production d’armements, militarise son économie, multiplie les actions hostiles contre nous », Catherine Vautrin a estimé que « réduire cette guerre à un différend territorial serait probablement se tromper sur ses causes comme sur les conditions d’une paix durable ». Dans la foulée, cette membre des gouvernements Barnier et Lecornu a notamment doctement évoqué — à l’instar d’Emmanuel Macron lors de ses dernières prises de parole sur le sujet — l’épisode du drone à Leipzig.
Catherine Vautrin n’en est pas à son coup d’essai en matière d’« engagement majeur ». Fin août 2025, Le Canard enchaîné révélait qu’une « instruction » du ministère de la Santé — alors sous la houlette de Catherine Vautrin — adressée aux directeurs des agences régionales de santé les invitait à préparer, d’ici à mars 2026, les hôpitaux à un possible « engagement majeur ».
Dans cette perspective, rapportait encore le Palmipède, était envisagée la création de centres médicaux aux abords de gares routières ou ferroviaires, d’un port ou d’un aéroport, afin de « permettre le réacheminement vers leur nation d’appartenance » de soldats étrangers. « Chaque euro supplémentaire doit être utile aux forces », a déclaré Vautrin le 8 octobre, assurant de la « volonté » de l’exécutif de « maîtriser » les dépenses.