Pression fiscale en France : la taxe foncière a presque doublé en vingt ans
© Michel GILE/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ruSelon des chiffres publiés par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), la taxe foncière à laquelle sont assujettis les propriétaires français a, en moyenne, bondi de 93,4 % entre 2005 et 2025, soit deux fois et demie l’inflation.
« Il faut arrêter d’urgence de surtaxer les Français et leurs entreprises », a enjoint la directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), Agnès Verdier-Molinié, dans une interview parue ce 16 octobre dans les colonnes du Figaro, alors que le gouvernement Lecornu est en quête de 54 milliards d’euros supplémentaires pour boucler le dernier budget de ce quinquennat Macron.
La veille de cette publication, l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) a rendu publique la vingtième édition de son Observatoire national des taxes foncières. On y apprend qu’en l’espace d’une génération — comme l’ont imagé certains médias français —, cet impôt a presque doublé, avec une hausse moyenne de 93,4 % entre 2005 et 2025.
« Son montant a ainsi quasiment doublé en vingt ans alors que l’inflation, dont on parle tous les jours, n’a crû sur vingt ans que de 36,8 %, tandis que les loyers n’ont augmenté que de 27 % », a souligné le président de l’UNPI, Sylvain Grataloup, cité par Le Parisien.
Vers une pression fiscale record en 2027
Les propriétaires subissent à la fois les taux appliqués aux biens immobiliers, votés par les collectivités, et les valeurs locatives cadastrales estimées par l’administration fiscale. Selon Le Figaro, les premiers ont augmenté de 32,2 % en vingt ans, tandis que les valeurs locatives cadastrales ont progressé de 46,3 % sur la même période.
Face à cet impôt, tous les propriétaires ne sont pas logés à la même enseigne. À Paris, dirigé par le Parti socialiste depuis le début des années 2000, la taxe foncière a explosé de 261,2 % — parallèlement à la hausse de la dette de la ville —, un taux qui ne prend pas en compte la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. À l’opposé, on retrouve Colombes, dans les Hauts-de-Seine, où cet impôt a progressé de 36 %.
Présentant cet impôt comme « extrêmement injuste », l’économiste Thomas Piketty a appelé, le 15 octobre sur BFMTV, à « passer à un impôt progressif sur le patrimoine net d’emprunt », en somme à faire payer davantage ceux qui sont pleinement propriétaires de leur logement. Selon lui, cela reviendrait à « une baisse de la taxe foncière pour 90 % des Français ».
Pour rappel, la France dispute au Danemark le titre de pays de l’OCDE qui taxe le plus. Après une pression fiscale atteignant 43,9 % du PIB en 2026, Bercy se pencherait sur une hausse de ce taux à 44,2 % l’année prochaine.