L’Estonie se déclare ouverte à un éventuel déploiement d’armes nucléaires de l’OTAN sur son territoire
Source: Gettyimages.ruTallinn affirme ne disposer d’aucune doctrine excluant le déploiement d’armes nucléaires sur son territoire et se dit prête à examiner cette option, si elle s’inscrit dans les décisions collectives de l’OTAN. Tallinn précise qu’il ne s’agirait que d’armes appartenant à des pays alliés.
Les autorités estoniennes n’excluent pas la possibilité d’accueillir des armes nucléaires sur leur territoire, « si une telle décision devait être prise dans le cadre des plans de défense de l’OTAN », selon le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna.
Le chef de la diplomatie a précisé que Tallinn envisagerait uniquement le déploiement d’armes nucléaires appartenant à des pays alliés de l’Alliance atlantique. Selon lui, l’Estonie ne dispose d’aucune doctrine nationale interdisant explicitement ce scénario et resterait ouverte à une telle option, si l’OTAN la jugeait nécessaire au regard de ses dispositifs de défense collective.
Margus Tsahkna a par ailleurs estimé que l’Europe ne devait pas écarter l’idée d’une dissuasion nucléaire organisée au sein de l’OTAN à un niveau supranational. Il a rappelé que l’Estonie ne possèdait pas d’armement nucléaire propre et que toute décision en la matière relèverait exclusivement d’un cadre allié.
L’Estonie n’est pourtant pas le premier pays européen sans arme nucléaire à en évoquer l’acquisition. Le 15 février, le président polonais Karol Nawrocki a affirmé que son pays devrait s’orienter vers le développement de sa propre capacité nucléaire, estimant que la Pologne se trouvait « au seuil d’un conflit armé », notamment « à cause de la Russie ». Déjà en 2024, son prédécesseur Andrzej Duda avait évoqué la possibilité d’un déploiement d’armes nucléaires américaines sur le territoire polonais. À l’époque, le ministère russe des Affaires étrangères avait averti que toute implantation de ce type ferait immédiatement des infrastructures concernées, des cibles légitimes en cas d’affrontement militaire direct avec l’OTAN.