À la veille des négociations, Trump est en quête de stratégie claire sur l'Iran

À la veille des négociations, Trump est en quête de stratégie claire sur l'Iran
Donald Trump
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Trump maintient la pression militaire contre l’Iran tout en affirmant privilégier un accord nucléaire. Son administration apparaît divisée entre partisans de la force et défenseurs de la diplomatie, sur fond de risques militaires élevés. Alors que Téhéran juge un accord possible, l’incertitude demeure quant à une éventuelle escalade régionale.

La décision finale lui appartient. Donald Trump l’a rappelé avec fermeté après des révélations évoquant les réserves de responsables militaires américains face à une intervention contre l’Iran. Sur son réseau Truth Social, le président américain a affirmé qu’il privilégiait un accord, tout en avertissant qu’en cas d’échec, « ce serait une très mauvaise journée pour ce pays ».

Balayant les critiques, il assure que son chef d’état-major, le général Dan Caine, ne s’oppose pas à l’usage de la force et que l’armée américaine saurait « gagner » si l’ordre était donné. « Ils veulent tout recommencer et poursuivre leurs sinistres ambitions », a-t-il lancé à propos de Téhéran dans la soirée du 24 février, jurant de ne jamais laisser « le plus grand sponsor du terrorisme » accéder à l’arme nucléaire.

Le chat et la souris

Derrière cette posture offensive, l’administration américaine apparaît pourtant divisée. Les partisans d’une ligne dure, à l’image du sénateur Lindsey Graham, plaident pour une démonstration de force, tandis que Steve Witkoff et Jared Kushner défendent la poursuite des négociations. Le vice-président JD Vance et plusieurs responsables militaires mettent en garde contre les risques d’un conflit prolongé, notamment en raison de stocks limités de systèmes antimissiles et du manque de soutien régional. L’absence d’objectifs clairement définis, pression nucléaire, affaiblissement du régime ou changement politique, nourrit les hésitations.

L’assurance affichée par Donald Trump s’explique aussi par le succès récent d’une opération au Venezuela, perçue comme rapide et sans coût humain pour Washington. Mais le dossier iranien présente une tout autre complexité stratégique. Une frappe limitée pourrait provoquer une riposte régionale, menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz et exposer les bases américaines et leurs alliés. Plusieurs partenaires de Washington redoutent également que toute attaque ferme définitivement la voie diplomatique. Les pays du Golfe craignent d'ailleurs que l'escalade entraîne un chaos régional.

Téhéran, de son côté, maintient un double discours. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi estime qu’un accord est « à portée de main » et évoque une « opportunité historique » à condition que la diplomatie soit privilégiée. Mais les autorités iraniennes préviennent qu’une attaque, même limitée, serait considérée comme une agression aux conséquences régionales. Dans ce contexte, les États-Unis renforcent leur présence militaire tout en poursuivant des discussions à Genève sous médiation omanaise.

Entre démonstration de force et négociations fragiles, la stratégie américaine reste incertaine. Si Donald Trump demeure le seul arbitre, l’option militaire ne fait pas consensus au sein de son administration ni auprès de sa base électorale, où le soutien à une guerre contre l’Iran reste limité. L’équation demeure donc ouverte : pression calculée pour arracher un accord ou prélude à une confrontation plus large dont les conséquences restent imprévisibles.

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