Réduction du nucléaire dans l’UE : Ursula von der Leyen reconnaît «une erreur stratégique»

Réduction du nucléaire dans l’UE : Ursula von der Leyen reconnaît «une erreur stratégique»© Peter Kneffel/picture alliance Source: Gettyimages.ru
Démolition des deux tours de refroidissement de la centrale nucléaire désaffectée de Gundremmingen, en Bavière, le 25 octobre 2025 [Photo d'illustration].
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Lors d’un sommet sur le nucléaire civil, organisé en région parisienne, la présidente de la Commission européenne a estimé que la diminution de la part du nucléaire dans le mix énergétique européen était «une erreur stratégique». Une prise de position qui tranche avec l'ambiguïté que cette ex-ministre d’Angela Merkel a pu entretenir sur le sujet.

« Cette réduction de la part du nucléaire était un choix et, avec le recul, c’était une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions », a déclaré ce 10 mars Ursula von der Leyen. Depuis Boulogne-Billancourt, où se tient un sommet consacré au nucléaire civil, la présidente de la Commission européenne a quelque peu douché les espoirs des anti-nucléaires qui, depuis plus de quinze ans, portés par la catastrophe de Fukushima, ont mené une guerre effrénée contre l’atome à travers le Vieux continent.

« En 1990 », a-t-elle souligné, « un tiers de l’électricité en Europe provenait du nucléaire. Aujourd’hui, cela ne représente qu’environ 15 % ». Défendant que nucléaire et renouvelable ne sont pas incompatibles, Ursula von der Leyen est rapidement retombée dans ses travers allemands en affirmant que « c’est en combinaison » que l’atome et les renouvelables seraient « les plus puissants ».

Si le nucléaire est aujourd'hui ouvertement mis en avant par la chef de la Commission européenne, ce sujet est demeuré longtemps tabou à Bruxelles. Lors des négociations entourant la nouvelle taxonomie européenne, qui eurent lieu durant son premier mandat à la tête de la Commission, Français et Allemands s'étaient farouchement opposés sur la classification de l'atome comme « énergie verte ». Un comble, alors que de son côté Berlin soutenait l'inclusion du gaz fossile dans ce projet de labélisation verte. Finalement Bruxelles opta pour intégrer les deux, sous conditions.

Le nucléaire européen à la traîne, malgré « un demi-million de travailleurs hautement qualifiés »

Au-delà de l'hostilité notoire de Berlin à l'encontre du nucléaire français, Ursula von der Leyen qui a fait du climat un des piliers de sa présidence de la Commission via son Green deal, a impulsé une politique européenne aux accents d'EnergieWende. Une transition énergétique à la sauce allemande, marquée par la décision d'Angela Merkel de sortir purement et simplement son pays du nucléaire et axé sur le développement tous azimuts des énergies dites renouvelables. Demeurée particulièrement discrète sur le sujet, en mars 2024, déjà lors d'un sommet sur le nucléaire, Ursula von der Leyen affirmait que l'atome et le renouvelable formeraient « l'épine dorsale de la production d'électricité de l'UE d'ici 2050 ».

Au-delà de la simple question de l'indépendance énergétique, la chef de la Commission européenne semble aujourd'hui voir plus loin, affirmant qu'avec « un demi-million de travailleurs hautement qualifiés dans le nucléaire – bien plus que les États-Unis et la Chine » l'Europe aurait « tous les atouts pour être à la pointe » dans ce secteur. Ambitionnant une Europe comme « pôle mondial des énergies nucléaires de nouvelle génération », Ursula von der Leyen a affirmé que les Européens étaient « leaders mondiaux en matière d’innovation dans les réacteurs modulaires (SMR) », alors même que l'UE n'abrite aucun SMR en activité, contrairement à la Russie et à la Chine.

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