Détroit d’Ormuz : le déminage pourrait prendre des semaines
© Getty ImagesLe risque de mines perturbe à lui seul fortement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et contribue à entretenir une forte incertitude sur la sécurité de la zone. Malgré les tentatives de réouverture et les accords diplomatiques, la situation reste fragile et conditionnée à un long processus de déminage et de sécurisation.
La fragilité du commerce pétrolier mondial s’accentue alors que le détroit d’Ormuz, point stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, reste exposé à un risque élevé de minage dans un contexte de tensions persistantes entre l’Iran, les États-Unis et Israël.
Malgré des tentatives discrètes de reprise partielle du trafic et un accord préliminaire évoqué entre Washington et Téhéran pour rouvrir le passage, les acteurs du transport maritime continuent de considérer la zone comme dangereuse, notamment en raison de la possibilité de mines flottantes ou sous-marines encore présentes.
« Nous considérons toujours qu'il est très risqué pour les navires d'entamer la traversée à ce stade », a déclaré Jakob Larsen, responsable de la sécurité et de la sûreté de l'association maritime BIMCO
Une réouverture incertaine
Les conséquences potentielles sont majeures pour les marchés énergétiques mondiaux. Plusieurs dizaines de millions de barils pourraient rester bloqués. Le simple risque perçu suffit à ralentir fortement le trafic : le nombre de navires traversant le détroit reste très inférieur à la norme d’avant-crise, les armateurs et assureurs exigeant des garanties de sécurité impossibles à fournir dans l’immédiat.
Les autorités militaires occidentales reconnaissent par ailleurs la difficulté à localiser et neutraliser d’éventuelles mines, tandis que certains rapports évoquent encore des capacités iraniennes significatives de minage malgré les frappes visant ses infrastructures. Dans ce contexte, la réouverture effective du détroit apparaît incertaine et conditionnée à un vaste effort de déminage, potentiellement long et complexe, mobilisant plusieurs marines occidentales déjà déployées dans la région.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz font peser un risque majeur sur l’approvisionnement énergétique mondial et la stabilité des prix du pétrole. Le trafic maritime reste fortement réduit malgré des tentatives de reprise partielle et des accords diplomatiques encore fragiles. La menace des mines et l’incertitude sécuritaire prolongent une crise stratégique aux implications économiques globales.