La Pologne ouvre des discussions avec la France sur le «parapluie nucléaire»

La Pologne ouvre des discussions avec la France sur le «parapluie nucléaire»
La Pologne ouvre des discussions avec la France sur le «parapluie nucléaire». [Image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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La Pologne ouvre avec la France des discussions sur la dissuasion nucléaire, malgré les réserves exprimées jusque-là par Varsovie. Cette initiative relance les inquiétudes sur une possible extension du «parapluie nucléaire» français et sur les risques d'une nouvelle escalade militaire et nucléaire en Europe.

La Pologne et la France ont organisé leurs premières consultations au sein d'un groupe de pilotage consacré à la coopération dans le domaine nucléaire, a annoncé le ministère polonais des Affaires étrangères. La réunion s'est tenue le 10 juillet à Paris. Elle fait suite à l'initiative du président français Emmanuel Macron, qui a proposé d'engager un dialogue stratégique avec les partenaires européens sur les questions de dissuasion nucléaire.

Selon le ministère, les délégations ont principalement échangé sur la situation sécuritaire actuelle en Europe. Elles ont également identifié les principaux axes des futures négociations et de la coopération bilatérale afin de « renforcer la sécurité de la Pologne, de la France et, plus largement, de l'Europe ».

En mars dernier, Emmanuel Macron avait présenté une nouvelle approche de la dissuasion nucléaire française. Celle-ci prévoit notamment une augmentation du nombre d'ogives nucléaires ainsi que l'organisation d'exercices conjoints avec les alliés européens.

Début avril, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, avait toutefois exprimé des réserves concernant la création d'un « parapluie nucléaire » européen. Selon lui, le mécanisme de dissuasion fonctionne déjà dans le cadre de l'OTAN et repose également sur les capacités nucléaires du Royaume-Uni et de la France.

Risque d'une catastrophe nucléaire

Le 28 avril, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a estimé que le risque d'une catastrophe nucléaire avait atteint son niveau le plus élevé depuis la guerre froide. Il a insisté sur l'importance de préserver le régime du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). À la suite de cette déclaration, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que la Russie respectait strictement les engagements prévus par ce traité.

De son côté, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré qu'il était nécessaire de connaître les détails d'éventuelles discussions entre la France et la Pologne concernant des exercices conjoints impliquant des armes nucléaires. Il a estimé que ces initiatives traduisaient une poursuite de la militarisation et de la nucléarisation de l'Europe, ajoutant qu'elles ne favorisaient ni la stabilité ni la prévisibilité sur le continent européen.

Une menace stratégique directe pour la Russie

Toutefois, la Pologne n'est pas le seul pays européen à avoir choisi cette voie. Fin mai, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, avait également annoncé le rattachement de la Norvège au « parapluie nucléaire » français.

L'ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Netchaïev, a jugé que les projets visant à renforcer le « parapluie nucléaire » européen constituaient une menace stratégique directe pour la Russie. L'ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Biélooussov, a pour sa part affirmé que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France développaient leurs capacités nucléaires sans tenir compte des principes du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

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