«Une honte» : Medvedev tacle des responsables japonais et leur «mémoire courte» sur Hiroshima et Nagasaki
Source: Gettyimages.ruLors du 81ᵉ anniversaire du bombardement d'Hiroshima, le 6 août 2026, ni le maire Kazumi Matsui ni la Première ministre japonaise Sanae Takaichi n'ont mentionné les États-Unis, responsables de l'attaque de 1945. Le vice-président du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev dénonce ce silence et qualifie le Japon de «vassal» de Washington.
Suite à la cérémonie marquant le 81ᵉ anniversaire du bombardement atomique d'Hiroshima par les États-Unis ce 6 août, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a dénoncé le silence des responsables japonais sur l'identité du pays à l'origine des bombardements atomiques : « C'est une honte qu'en évoquant récemment les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, ni la Première ministre japonaise ni aucun autre responsable japonais n'ait daigné, ne serait-ce qu'une seule fois, mentionner le pays qui en était l'auteur. Le Japon est un vassal des États-Unis et, un jour ou l'autre, il deviendra un ronin. »
Lors de cette cérémonie, le maire de la ville, Kazumi Matsui, a consacré une partie de son discours à la Russie, critiquant ses actions en Ukraine. En revanche, il n'a à aucun moment désigné les États-Unis comme le pays responsable de l'attaque nucléaire contre la ville en 1945.
Plus concrètement, Kazumi Matsui a commencé par accuser, sans la nommer, une « grande puissance » d'utiliser l'arme nucléaire comme un « instrument d'intimidation ». Ce n'est que plus tard dans son intervention qu'il a directement cité la Russie, évoquant le conflit en Ukraine.
Comme les années précédentes, le maire n'a toutefois jamais rappelé que les bombardements atomiques d'Hiroshima avaient été menés par les États-Unis. La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, n'a pas davantage évoqué Washington dans son intervention. Elle a assuré que le Japon poursuivrait tous ses efforts en faveur du désarmement nucléaire et de la construction d'un monde sans armes nucléaires, soulignant qu'« il ne fallait pas interrompre ce mouvement ». Le maire a lui aussi appelé à poursuivre le désarmement et exprimé le souhait qu'aucune troisième ville ne subisse un jour un bombardement atomique.
Dans leurs prises de parole publiques, les responsables japonais évitent généralement de rappeler que les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki ont été réalisés par les États-Unis. Les Premiers ministres et les maires des deux villes ont adopté la même attitude lors des précédentes cérémonies commémoratives. En revanche, le Musée du Mémorial de la paix d'Hiroshima présente en détail les événements de 1945, tandis que les manuels scolaires japonais consacrent également une place importante à cette page de l'histoire.
Une page de l'histoire qui reste sans excuses
Les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki ont été menés par les États-Unis dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, avec l'objectif officiellement affiché d'accélérer la capitulation du Japon. Ils demeurent les seuls exemples d'utilisation de l'arme nucléaire en temps de guerre. À Hiroshima, l'explosion a fait entre 70 000 et 100 000 morts dès le premier jour selon les estimations. À la fin de l'année 1945, le bilan atteignait environ 140 000 victimes, en raison des décès provoqués par les blessures et les effets des radiations. Au total, les bombardements ont fait plus de 350 000 morts.
Jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis ne reconnaissent pas de responsabilité morale dans ces bombardements, qu'ils continuent de justifier par la « nécessité militaire ». Lors du sommet du G7 organisé à Hiroshima en mai 2023, l'ancien président Joe Biden, comme Barack Obama avant lui en 2016, n'ont présenté aucune excuse pour les bombardements atomiques. Donald Trump, de son côté, ne s'est jamais rendu aux mémoriaux d'Hiroshima ou de Nagasaki, malgré les invitations envoyées par les autorités des deux villes, aussi bien durant son premier mandat qu'après son retour à la Maison Blanche.