Liban : l'écocide de l'armée israélienne a brûlé plus de 16 000 hectares
© Getty ImagesPlus de 16 000 hectares de terres agricoles, de bois et de forêts ont brûlé au Liban depuis octobre 2023 à la suite des attaques israéliennes. Beyrouth dénonce également l'usage du phosphore blanc et l'arrachage d'arbres, ainsi que plus de 2000 hectares affectés par le glyphosate.
Au Liban-Sud, la guerre ne détruit pas seulement les villages et les infrastructures. Elle transforme aussi durablement les paysages. Le 21 septembre, la ministre libanaise de l’Environnement, Tamara Elzein, a annoncé que plus de 16 000 hectares de terres agricoles, de bois et de forêts avaient brûlé entre octobre 2023 et août 2026 à la suite des attaques israéliennes.
Le bilan dépasse les seuls incendies. Beyrouth accuse l’armée israélienne d’avoir multiplié les bombardements au phosphore blanc, mais aussi les terrassements et l’arrachage d’arbres. Plus de 2 000 hectares auraient également été affectés par du glyphosate, un herbicide.
En février, les ministères libanais de l'Agriculture et de l'Environnement avaient déjà annoncé une enquête, menée avec l'armée et la FINUL, sur des substances chimiques larguées par des appareils israéliens dans plusieurs zones du Sud.
L'arbre qui cache la forêt
Le phosphore blanc cristallise particulièrement les inquiétudes. Cette substance s’enflamme au contact de l’oxygène et peut provoquer des incendies difficiles à maîtriser. Human Rights Watch a documenté 23 incidents impliquant des munitions israéliennes au phosphore blanc entre mars et mai 2026 dans le sud du Liban. Son usage militaire n’est pas interdit en toutes circonstances, mais son emploi contre des civils ou dans certaines zones peuplées est encadré par le droit international humanitaire.
Les autorités libanaises parlent désormais d’« écocide » pour qualifier ces destructions. Le terme reste toutefois une qualification portée par Beyrouth et non un crime autonome actuellement inscrit dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Au-delà du débat juridique, les conséquences sont déjà concrètes : cultures et forêts détruites, sols dégradés, couvert végétal arraché et activité agricole fragilisée. Et les 16 000 hectares annoncés ne représentent, selon le ministère, qu’une partie des dommages environnementaux accumulés depuis 2023.