Le Premier ministre canadien reconnaît avoir étudié une possible intervention militaire des États-Unis après les déclarations répétées de Trump sur le «51e État»
Source: APLes propos répétés de Donald Trump sur le statut du Canada ont conduit Ottawa à réévaluer le risque d’une intervention américaine. Mark Carney affirme que son gouvernement a examiné des scénarios extrêmes, tout en lançant une diversification de plusieurs secteurs stratégiques afin de limiter, à long terme, la dépendance du pays envers son voisin.
Le premier ministre Mark Carney a reconnu que les autorités canadiennes avaient étudié, au cours de l’année écoulée, l’éventualité d’une intervention militaire des États-Unis contre le Canada.
Cette réflexion fait suite aux déclarations répétées de Donald Trump sur l’avenir du pays. Le président américain a évoqué à plusieurs reprises l’idée de faire du Canada le 51e État des États-Unis, une perspective rejetée par Ottawa.
Dans un entretien publié le 23 septembre par le New York Times, Mark Carney a toutefois insisté sur le caractère très improbable d’un tel scénario. « Ce n’est pas le scénario de base, mais il serait irresponsable de ne pas s’y préparer », a-t-il déclaré. Pour le Premier ministre, l’examen de cette hypothèse relève avant tout de la gestion des risques.
Ottawa cherche à réduire sa dépendance envers les États-Unis
Dans ce contexte, le Canada a engagé une diversification de plusieurs secteurs militaires et technologiques étroitement liés aux États-Unis. Ottawa souhaite notamment diversifier ses moyens de communication satellitaire et réduire sa dépendance à Starlink pour les besoins de ses forces armées. Mark Carney a évoqué, dans ce domaine, des possibilités de coopération avec des pays européens ainsi qu’avec la Corée du Sud.
Le même mouvement concerne l’aviation de combat. Le gouvernement canadien réexamine son projet d’achat de 88 chasseurs américains F-35 et envisage d’autres options. Parmi elles figure le Saab Gripen suédois, notamment pour les missions de défense dans l’Arctique.
La volonté d’Ottawa de réduire sa dépendance envers Washington dépasse le seul secteur militaire. Mark Carney souhaite plus largement diversifier les liens économiques et technologiques du Canada. Le premier ministre estime également qu’une architecture financière mondiale trop dépendante du dollar américain présente des fragilités.
Cette réorientation intervient alors que les relations commerciales entre les deux voisins se sont tendues, avec des hausses de droits de douane et des mesures de rétorsion. Les initiatives canadiennes touchent ainsi plusieurs secteurs dans lesquels Ottawa dépend traditionnellement de son voisin américain.
Le dialogue avec Washington reste ouvert
Malgré ces divergences, les autorités canadiennes ne parlent pas de rupture avec les États-Unis. Dans son entretien au New York Times, Mark Carney affirme entretenir de « bonnes relations » avec Donald Trump et souligne que les deux dirigeants restent en mesure d’échanger directement sur leurs différends.
Ottawa maintient ainsi le dialogue avec Washington tout en cherchant à réduire plusieurs dépendances stratégiques envers les États-Unis.