Alors qu'elle avait déjà dénoncé par avance le scrutin législatif en Russie, qu'en est-il réellement de l'état de la «démocratie» au sein de l'Union européenne ? Ingérence, chantage, manipulation, triche : le tableau dressé par Alexandre Regnaud est loin du «jardin» de la propagande bruxelloise.
Comme souvent quand il s’agit de mettre en avant les clowneries de l’Union européenne, cela part de Kaja Kallas, la « chef » de la diplomatie.
La citation suffit, tant elle est déjà contradictoire en elle-même : « Les soi-disant élections à la Douma ont marqué un nouveau revers grave pour la démocratie russe ». C’est ce qu’on appelle un oxymore.
Il faut dire que Kaja Kallas (qui, rappelons-le, n'est elle-même pas élue mais nommée à son poste) avait décidé avant l'heure que le principe même d'une élection la dérangeait. Elle avait en effet déjà envoyé une circulaire aux ministères des Affaires étrangères des États membres de l'UE pour leur demander de ne pas reconnaître les résultatsdu scrutin, avant même que celui-ci n’ait lieu.
Kaja Kallas doit naturellement préférer la méthode démocratique ukrainienne.
Rappelons que la clique de Zelensky est l’héritière du coup d’État de Maïdan en 2014, que les élections législatives auraient dû avoir lieu en Ukraine en octobre 2023, la présidentielle en mars 2024 et les élections locales en octobre 2025. Bien entendu aucun scrutin n’a eu lieu, au prétexte de la guerre, et tous ces gens occupent le pouvoir et détruisent leur pays et leur peuple dans la plus totale illégitimité.
Ce paradoxe survient précisément au moment où la plus grande opération d'attaque de drones ukrainiens contre la Russie a eu lieu, de samedi à dimanche, en plein milieu du scrutin. Ces idiots ne semblent même pas y avoir pensé.
Et au sein de l’UE même ? Justement, précisément en même temps que Kallas parlait d’un « vernis de démocratie », le principal opposant roumain, Calin Georgescu, était arrêté au prétexte « d'organisation d'un groupe criminel », en l'occurrence la tenue, la semaine dernière, d'une manifestation contre la situation politique dans le pays.
Rappelons que c’est ce même Georgescu qui avait remporté le premier tour de l'élection présidentielle de 2025, dont les résultats avaient été annulés au prétexte d'une ingérence russe qui n'avait par la suite jamais été prouvée. Une farce démocratique que nous avions déjà analysée en détail.
Les technocrates bruxellois avaient ensuite fait élire leurs pantins habituels, et depuis, le pays est ingouvernable. Depuis le mois de mai, ils sont incapables de se mettre d’accord sur la nomination d’un nouveau premier ministre.
Et si la Roumanie est un cas d’école de ce que Kallas appelle un « simulacre d'élections » (curieusement, elle ne pensait pas à l’UE à ce moment-là), l’oligarchie euro-mondialiste n’en était pas à son premier coup d’essai de manipulation d’un scrutin.
Un autre cas d’école est celui de l’Irlande, deux fois. En juin 2001, par référendum, les électeurs irlandais ont rejeté le Traité de Nice, un des textes fondateurs de la technocratie européenne. Pas de problème, on les a fait revoter sur le même texte en octobre 2002, en s’assurant que le « oui » l’emporte. Rebelote en 2008 avec le rejet, toujours par référendum, du Traité de Lisbonne (fondateur de l’UE actuelle). Idem, on les a fait revoter en 2009, et ça passe.
Ce Traité de Lisbonne est d’ailleurs en lui-même un bel exemple de « démocratie » européenne, puisqu’il vient remplacer, quasiment à l’identique, le projet de « Constitution européenne » rejeté par référendum en 2005 aux Pays-Bas et en France.
En France, d’ailleurs, pour être sûr que la « démocratie » soit toujours bien vivante, le texte a été directement adopté par le Parlement, sans passer par le vote populaire… et il n’y a plus eu aucun référendum organisé depuis. Ce qui n’est pas si gênant, puisqu’ils ne tiennent pas compte des résultats.
Ceci dit, aux Pays-Bas non plus. En avril 2016, le peuple néerlandais rejetait par référendum le projet d’accord d'association entre l'UE et… l’Ukraine (déjà). Mais le gouvernement a choisi de ne pas suivre le résultat. D’ailleurs, la loi sur les référendums consultatifs sera carrément abrogée dans le pays en février 2018. Autant ne plus faire semblant que la souveraineté populaire existe.
Autre méthode, toujours au sein de l’UE, avec la Grèce, en 2015. Les technocrates n’osaient alors pas encore manipuler directement les scrutins comme en Roumanie neuf ans plus tard. Mais si le gouvernement ne leur plaît pas, ils ont d’autres méthodes. Le gouvernement démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a connu une autre forme d’ingérence avec la fameuse « Troïka » : UE, Banque centrale européenne et FMI. La menace de sanctions économiques drastiques l’a alors obligé à accepter un nouveau plan d'austérité. Beaucoup ont alors parlé de « chantage » et de « coup d'État de l'Union européenne ».
Idem en Hongrie, contre l’ancien gouvernement Orban, lui aussi démocratiquement élu. Ce sont 19 milliards d’euros de fonds européens qui ont été bloqués de différentes manières par les technocrates de Bruxelles pour lutter contre la politique d’Orban. Maintenant que le gouvernement a changé (après un scrutin où les ingérences européennes ont tourné à la caricature) et qu’il se soumet, miraculeusement, les fonds se débloquent.
En dehors de son territoire, la logique de l’UE est la même. Quand ils ne peuvent pas voler directement les élections, ils imposent des sanctions.
Premier exemple avec la Moldavie. La réélection de la présidente Sandu fait polémique en 2024, obtenue de justesse au dernier moment grâce à l’apport miracle des votes de la diaspora. Déjà les accusations d’ingérences et de manipulations de la part de l’UE sont omniprésentes. Elles deviennent évidentes pour les législatives de 2025. Interdiction de plusieurs partis et arrestation de leurs dirigeants juste avant le vote, visite de tous les hiérarques européens, dont Von der Leyen, en soutien au pouvoir, et menace explicite de couper les fonds européens si le résultat du vote ne leur convient pas. Les accusations d’achat de vote sont en parallèle nombreuses et les sommes engagées par l’UE en soutien au pouvoir sont activement dénoncées.
Le même cirque a eu lieu selon un schéma identique en Géorgie, en 2024, mais il n'a pas suffi. Alors, comme le résultat ne va pas dans leur sens, l'UE parle de « grave recul démocratique », gèle les aides, suspend les réunions officielles, restreint les visas et réfléchit même à sa grande spécialité : les sanctions. En parallèle, les fonds européens servent à financer l’opposition et à organiser des manifestations « populaires » parfaitement scénarisées, jusqu’aux tentatives de coup d’État Maïdan n’est jamais loin.
Pour finir, on rappellera que Merz vient de perdre deux élections mais se maintient malgré sa promesse du contraire, avec 16 % d’approbation, un record d’impopularité historique. Idem pour Macron, à 16 % également (Ipsos, septembre 2026), là aussi un record. Et il ne faudra pas compter sur « l’opposition » très contrôlée pour faire mieux si l’on en croit un récent post de Dmitri Medvedev : « Le Pen a qualifié la prise de contrôle des actifs d’Auchan par la Russie "d’actions hostiles". Des milliers de sanctions contre les Russes en France, plus des roquettes pour les dégénérés de Kiev — était-ce amical ? Apparemment, le parti de Le Pen est désormais un parti européen ordinaire […] ». Bref, sans surprise, aucune perspective d’amélioration en vue.
Voilà quelques exemples, et uniquement quelques exemples, de l’état réel du « jardin » démocratique du commissaire Borrell, le prédécesseur de Kaja Kallas. Alors on sait que la règle de l’empire du mensonge est le double standard, qu’une bonne part des marionnettes qui s’expriment publiquement n’ont pas toujours la lumière à tous les étages, mais tout de même, quand on a une telle poutre dans l’œil, on devrait s’abstenir de ne serait-ce que penser à regarder la paille dans celui du voisin.
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