Au Ghana, le «Fugu Day» transforme les moqueries en fierté nationale

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Des hommes vêtus de fugu. [Photo d’illustration]
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Au Ghana, une polémique née de railleries sur les réseaux sociaux autour du fugu, tenue traditionnelle portée par le président lors d’une visite en Zambie, s’est muée en célébration nationale. Chaque mercredi sera désormais le «Fugu Day», pour affirmer une identité culturelle fière et unie.

En réponse aux commentaires moqueurs qualifiant le fugu de « blouse », les Ghanéens se mobilisent massivement, arborant avec orgueil ce symbole ancestral du nord du pays. Cette initiative gouvernementale transforme un moment de tension en opportunité de valorisation patrimoniale. 

Une riposte culturelle collective

L’histoire a commencé début février, lors de la visite officielle du président ghanéen John Dramani Mahama à Lusaka, en Zambie. Vêtu d’un fugu aux motifs chatoyants, il marchait aux côtés de son homologue zambien, Hakainde Hichilema. Rapidement, des internautes zambiens ont ironisé sur cette tunique ample en coton tissé à la main, la comparant à un « chemisier féminin » ou une « robe de ballerine ». « Comment un président peut-il porter ça ? On dirait une blouse de couturière ! », s’est exclamé un utilisateur zambien, déclenchant une vague de rires en ligne.

Les Ghanéens n’ont pas tardé à contre-attaquer. Sur X, le mouvement a pris de l’ampleur et de nombreux internautes ont publié et relayé des photos en fugu derrière le hashtag « #FuguPride ». Des messages ont ainsi été relayés des centaines de milliers de fois, donnant de l’ampleur au phénomène.

Le gouvernement a également réagi promptement. Le 11 février, la ministre du Tourisme, Abla Dzifa Gomashie, a annoncé l’instauration du « Fugu Day » chaque mercredi, « pour projeter notre identité avec fierté sur la scène internationale ».

Elle a invité les citoyens à adopter le fugu « dans toutes ses formes, motifs et expressions variées, complétés par ses accessoires distinctifs et magnifiques ».

Ce batakari, comme on l’appelle aussi, évoque la royauté et l’autorité : porté par les chefs traditionnels du nord, il symbolise l’héritage culturel d’un pays fier de son passé. L’impact dépasse le symbole. Cette mesure vise à favoriser l’économie locale, en soutenant tisserands, stylistes et artisans. « Le gouvernement espère que cette adoption collective renforcera l’unité nationale, stimulera l’économie créative et constituera un puissant symbole de confiance culturelle », a ajouté Mme Gomashie.

L’affaire n’a cependant pas tourné à l’affrontement diplomatique et le président zambien Hakainde Hichilema a promis d’acquérir des fugus pour les porter publiquement, et Mahama a évoqué des exportations potentielles vers la Zambie.

Historiquement, le fugu n’est pas neuf : Kwame Nkrumah l’arborait lors de la proclamation de l’indépendance en 1957, suivi par des leaders comme Nana Akufo-Addo ou Jerry Rawlings.

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