Tunisie : la justice rejette la demande de suspension du Groupe chimique
© Facebook / Présidence TunisieLa justice tunisienne a refusé, le 26 février, de suspendre les unités de production du Groupe chimique à Gabès, estimant que le préjudice lié à la pollution n’était pas établi. Les plaignants, soutenus par des habitants et des organisations locales, dénoncent une décision en décalage avec la réalité sanitaire et environnementale.
La justice tunisienne a rejeté, le 26 février, la demande de suspension des activités des unités de production du Groupe chimique tunisien à Gabès, invoquant « l’absence de préjudice établi » et un défaut de preuves scientifiques et techniques suffisantes pour étayer les accusations de pollution.
La procédure avait été engagée par des avocats et des militants environnementaux, à la suite de plaintes récurrentes d’habitants dénonçant des émissions de gaz polluants et leurs effets sur la santé publique. Selon l'avocat Mounir Laâdouni, cité par l’AFP, le tribunal a considéré que « les allégations de pollution ne sont pas justifiées et manquent d’éléments probants sur le plan scientifique ».
Les avocats ont introduit deux recours distincts : le premier visait à obtenir l’arrêt provisoire de la production dans l’attente d’un jugement sur le fond ; le second, toujours en cours, porte sur le démantèlement des unités jugées les plus polluantes. Aucune date d’audience n’a encore été fixée pour cette seconde affaire.
Un groupe de travail sur la situation à Gabès rend son rapport à Kaïs Saïed
Le 13 janvier dernier, au palais de Carthage, le président Kaïs Saïed a reçu le rapport d’un groupe de travail chargé de proposer des solutions urgentes à la situation environnementale à Gabès. Il a assuré que des mesures techniques, financières et structurelles seraient prises pour mettre fin aux sources de pollution, dans l’attente d’une stratégie nationale globale.
Les autorités tunisiennes cherchent à moderniser et réhabiliter les installations. Fin janvier, le conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé un financement de 110 millions de dollars pour soutenir un projet de développement environnemental et de réhabilitation des unités de production du Groupe chimique.
Parallèlement, les autorités ambitionnent d’augmenter significativement la production d’engrais à Gabès, avec un objectif affiché de quintupler la capacité d’ici 2030 pour atteindre 14 millions de tonnes par an. Le phosphate, dont les principaux gisements se situent dans le sud-ouest du pays, demeure une ressource stratégique pour l’économie nationale.