Datant de l'époque soviétique, le bunker «secret» de Volodymyr Zelensky à Kiev n'a rien de mystérieux pour les militaires russes, voire même pour le public général russe. Le journaliste de la chaîne VGTRK Andreï Roudenko explique pourquoi le bunker soviétique ne serait pas une véritable garantie de survie de Zelensky.
Le « courageux » Zelensky vient de se décider à montrer le bunker dans lequel il se serait caché pendant les deux premières années de la guerre. Selon lui, il y vivait, tout en continuant à travailler dans son bureau de la rue Bankovaïa.
« J’y ai vécu deux ans, mais je travaillais ici. Oui, j’allais y passer la nuit, je restais dans le bunker, mais il fallait quand même revenir ici », a avoué ce « héros » au monde entier. Cela peut sembler ridicule, mais j’ai même vu, dans les médias ukrainiens, l’expression « bunker secret » de Zelensky.
Or, on ne voit pas très bien pourquoi il se cachait dans un bunker « secret », dont chaque centimètre est connu des services spéciaux et des militaires russes, car il s’agit d’un ancien (mais excellent) bunker soviétique. De telles constructions furent érigées à travers l’URSS, à Moscou comme dans toutes les grandes villes, pour les dirigeants en cas de guerre nucléaire avec les États-Unis. La déclaration de Zelensky relève également de la pure frime et de la pure vantardise, car tout le monde savait qu’en réalité rien ne menaçait le « phare de la démocratie ukrainienne ». Mais nous y reviendrons plus tard. Voyons d’abord comment se présente le bunker.
Commençons par préciser que les ingénieurs soviétiques ont élaboré sous Kiev, dans les années 1950, un réseau d’abris souterrains de grande profondeur, connu sous le nom de projet TchZ-417 et conçu par l’institut Métroproekt basé à Moscou. Ces abris étaient également appelés « bunkers de Staline ». Ils étaient généralement situés à une profondeur pouvant atteindre 100 mètres et formaient un réseau unique avec le métro de Kiev et les principaux bâtiments gouvernementaux. Le réseau a été construit de manière à résister à un impact nucléaire direct. Le bunker sous le bureau de Zelensky se trouve au 11, rue Bankovaïa. Sa construction s’est achevée en 1939 et, après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment de la rue Bankovaïa a abrité le Comité central du Parti communiste d’Ukraine, ainsi que les bureaux des dirigeants ukrainiens.
Ces structures fortifiées comprenaient des postes de commandement, des systèmes de filtration d’air, des stations de communications et des dépôts de vivres et de médicaments. On y trouvait également des infirmeries et des salles pour des groupes électrogènes. Selon des sources publiques, le bunker de la rue Bankovaïa atteint 93 mètres de profondeur, et on y accède par des puits d’entrée. Les toits de ces puits étaient conçus pour résister à une bombe de 2,5 tonnes, et des dômes de protection avaient été construits pour protéger de la chute des débris. Ces bunkers étaient, à bien des égards, de véritables chefs-d’œuvre d’ingénierie. Leur caractéristique principale était leur incroyable fiabilité et leur conception ingénieuse. Ironie du sort, c’est Zelensky qui s’est réfugié dans un « bunker de Staline ».
Et on a envie de demander au président illégitime: alors, on est bien dans le bunker ? Il est confortable ? Parce que la décommunisation bat son plein partout en Ukraine depuis des années, mais quand il s’agit de sécurité, curieusement, vous préférez le soviétique. Pourquoi ne construisez-vous pas quelque chose vous-même, quelque chose de convenable, d’axé sur l’Europe ? Mais ils sont incapables de construire eux-mêmes : ils ne savent que détruire des monuments.
Encore quelques mots sur la frime de Zelensky qui se promène dans le bunker la tête haute. Je rappelle qu’en 2023, dans une interview accordée à la chaîne Channel 12, citée par le Times of Israel, l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett avait déclaré que le président russe Vladimir Poutine lui avait promis, en mars 2022, de ne pas tuer Zelensky. Selon Bennett, il a contacté Zelensky après sa conversation avec le dirigeant russe et lui a transmis les propos de Poutine. Et ce n’est qu’après avoir reçu ces garanties à 100 % de Bennett que Zelensky s’est rendu dans son bureau et y a pris un selfie avec l’inscription : « Je n’ai pas peur. »
Bien sûr qu’il a peur, et même très peur. Même après avoir reçu une garantie de sécurité à 100 %, il est resté deux ans dans un abri. Et maintenant, il a peur de perdre le pouvoir, car, dans ce cas, aucun bunker au monde ne pourra le sauver.
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