Des archéologues confirment l’existence du légendaire «roi Arthur» africain
© Réseaux sociauxUn fragment de document, d’apparence anodine, a révélé l’existence d’une figure historique que l’on pensait légendaire jusqu’à récemment. La découverte a aussi jeté une lumière nouvelle sur le fonctionnement du pouvoir en Nubie aux XVIᵉ–XVIIᵉ siècles.
Un document quasiment anodin, retranscrivant l’ordre d’un souverain longtemps considéré comme légendaire, vient de confirmer l’existence du « roi Arthur » africain, qui n’est autre que le roi nubien Qashqash. Une équipe d’archéologues dirigée par Tomasz Barański a découvert un fragment d’une lettre écrite en arabe, datant de la fin du XVIᵉ ou du début du XVIIᵉ siècle. L’étude a été menée dans le cadre des recherches du Centre polonais d’archéologie méditerranéenne de l’Université de Varsovie et a été publiée en février dans la revue Azania: Archaeological Research in Africa.
La page manuscrite a été exhumée dans les remblais de la citadelle d’Old Dongola, dans le nord du Soudan, près de la rive orientale du Nil, dans une zone connue sous le nom de « maison du Mekk » (maison du roi).
Ne mesurant que quelques centimètres, le document, écrit à l’encre, comporte un texte entamé par la formule : « De la part du roi Qashqash à Ḫiḍr… ».
Cette mention directe constitue une preuve rare pour une période où le roi n’apparaissait jusqu’ici que dans des traditions tardives, parfois rapprochées de figures mythiques comme le roi Arthur.
© X / The Sudan TimesDes découvertes associant pouvoir politique, richesse matérielle et culture écrite
Outre cette page manuscrite, plus de vingt autres fragments en arabe ont été découverts dans le même bâtiment, suggérant l’existence d’un espace dédié à l’écriture et à la gestion du pouvoir.
Les archéologues ont également découvert des objets précieux — textiles, bague en or, poignards à manche en ivoire ou en corne de rhinocéros — ainsi que des balles de mousquet et une fiole de poudre à canon. D’après les archéologues, les armes à feu étaient avant tout des symboles de prestige plutôt que des armes de guerre.
Tous ces éléments laissent penser que le bâtiment était destiné à des activités de l’élite de l’époque, dans un ensemble cohérent associant pouvoir politique, richesse matérielle et culture écrite.
Banalité révélatrice
L’apparente banalité du texte révèle le quotidien politique de l’ancien royaume nubien et le fonctionnement du pouvoir du roi Qashqash, qui intervenait directement dans des transactions et coordonnait la circulation de biens de valeur. Les textiles et le bétail constituaient des biens d’une très grande importance dans les sociétés de la vallée du Nil, servant d’unités d’échange, de dons diplomatiques et de marqueurs de statut.
© Science & VieL’ensemble met en lumière un système politique structuré, où le souverain s’appuie sur des intermédiaires et où les biens circulent comme instruments d’échange et de prestige.
Au-delà de l’identification d’un roi, la découverte éclaire les mécanismes du pouvoir en Nubie et le rôle de l’arabe (langue internationale de l’époque) comme langue d’administration au sein de ses élites.