Frappes contre Tel Aviv, pressions américaines et incertitudes sur les pourparlers : nouvelle journée sous tension au Moyen-Orient
Source: APL’Iran a lancé de nouvelles frappes contre Israël, tandis que les États-Unis entretiennent l’idée de discussions pour enrayer l’escalade, sans clarification nette à ce stade. Entre opérations militaires, signaux contradictoires de Washington et démentis iraniens, cette nouvelle journée s’ouvre dans un climat de forte tension au Moyen-Orient.
Washington préparerait l’envoi d’environ 3 000 parachutistes supplémentaires au Moyen-Orient
Le Pentagone prévoit de déployer au Moyen-Orient près de 3 000 militaires de la 82e division aéroportée pour soutenir ses opérations contre l’Iran, affirme le Wall Street Journal, qui cite deux responsables américains. Selon le quotidien, l’ordre écrit pourrait être donné dans les prochaines heures.
Dans le même temps, Fox News affirme que le général de division Brandon Tegtmeier et plusieurs membres de son état-major ont déjà reçu l’ordre de partir pour la région. Aucune décision officielle n’aurait toutefois encore été prise sur un éventuel engagement de troupes terrestres américaines sur le sol iranien.
« C’est la guerre de survie politique de Netanyahou, mais 8 milliards de personnes en supportent le poids » affirme Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mardi que l’escalade au Moyen-Orient faisait payer au monde entier le prix de la stratégie israélienne. Il a dénoncé une guerre menée, selon lui, pour la survie politique de Benjamin Netanyahou, tout en soulignant que ses conséquences dépassaient largement la région.
Le chef de l’État turc a aussi mis en garde contre les répercussions économiques du conflit, en particulier autour du détroit d’Ormuz, et appelé à une action internationale contre le Premier ministre israélien et son entourage. Ankara répète vouloir éviter un élargissement du conflit et privilégier la désescalade diplomatique.
Plus de 82 000 sites civils endommagés en Iran depuis le début des frappes, selon le Croissant-Rouge
Plus de 82 000 sites civils ont été endommagés en Iran depuis le début des frappes américaines et israéliennes, a affirmé le chef du Croissant-Rouge iranien. Parmi eux figurent plus de 62 000 bâtiments résidentiels, ainsi que près de 19 200 commerces, d’après ce bilan communiqué mardi.
Le responsable iranien a également fait état de dégâts sur 281 structures liées à la santé, 498 écoles et 17 centres du Croissant-Rouge, signe de l’ampleur des dommages signalés par Téhéran sur les infrastructures civiles.
Le ministre français de l’Économie met en garde contre « un nouveau choc pétrolier »
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a estimé le 24 mars devant l’Assemblée nationale que la guerre au Moyen-Orient provoquait « un nouveau choc pétrolier », susceptible de peser sur la croissance française. Il a pointé les perturbations dans l’acheminement du pétrole du Golfe vers le reste du monde.
Le ministre a averti que, si ce choc énergétique devait durer au-delà de quelques semaines, la crise pourrait s’étendre plus largement à l’économie et prendre une dimension plus systémique.
Le Hezbollah dénonce l’expulsion de l’ambassadeur d’Iran et presse Beyrouth de revenir sur sa décision
Le Hezbollah a condamné la décision des autorités libanaises de retirer son agrément à l’ambassadeur d’Iran et de le déclarer persona non grata. Dans un communiqué, le mouvement appelle Beyrouth à revenir sur cette mesure, annoncée plus tôt dans la journée par le ministère libanais des Affaires étrangères.
La décision a immédiatement ravivé les tensions entre le Hezbollah, soutenu par Téhéran, et les autorités de Beyrouth.
« L’Europe n’est plus leur priorité » : le chef d’état-major français alerte sur le tournant stratégique de Washington
Le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, a estimé que les actions des États-Unis au Moyen-Orient avaient un effet direct sur la sécurité et les intérêts français. En ouverture du Forum de défense et de stratégie de Paris ce 24 mars, il a regretté une intervention américaine décidée sans concertation avec les alliés européens, évoquant un partenaire « de moins en moins prévisible ».
Fabien Mandon a expliqué que Paris avait dû réagir dans l’urgence pour protéger ses ressortissants et ses intérêts dans la région. Il a aussi souligné que l’Europe n’était plus la priorité stratégique de Washington, appelant les Européens à réduire leur dépendance envers les États-Unis sans pour autant rompre avec eux.
Des B-52 américains décollent désormais de la base britannique de Fairford pour attaquer l’Iran
Des bombardiers américains B-52 ont commencé à décoller de la base de la Royal Air Force à Fairford, au Royaume-Uni, pour participer à des attaques contre l’Iran, selon Fox News. La chaîne ajoute que ces appareils emporteraient notamment des bombes guidées par satellite de près de 900 kg, destinées à frapper des cibles durcies.
Reuters a rapporté ces derniers jours que Londres avait autorisé l’usage de bases britanniques, dont Fairford, pour les opérations américaines, et des images de l’agence ont montré une activité de bombardiers sur place.
Source: Gettyimages.ruDeux bombardiers B-52 de l'armée de l'air américaine à la base aérienne de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre.Téhéran dit redouter un piège derrière d’éventuelles négociations avec Washington
Les autorités iraniennes craignent que de possibles discussions avec les États-Unis ne servent de piège, rapporte le Wall Street Journal, citant des responsables iraniens et arabes. À Téhéran, certains redoutent notamment qu’une rencontre directe n’expose le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, à une tentative d’assassinat, Washington cherchant à établir un contact avec lui.
Selon le journal, la méfiance iranienne s’étend aussi à la pause de cinq jours évoquée par Donald Trump avant d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques. Téhéran soupçonnerait le président américain de chercher avant tout à faire baisser les prix du pétrole avant une reprise des attaques.
Téhéran assure n’avoir transmis aucune proposition de cessez-le-feu aux États-Unis
L’Iran n’a transmis aucune proposition de cessez-le-feu à Washington, a affirmé le député Yaghoub Rezazadeh à l’agence ISNA. Selon lui, ni l’appareil diplomatique, ni le gouvernement, ni les forces armées n’ont formulé d’offre ou engagé de discussions en vue d’un arrêt des hostilités.
L’élu a présenté les déclarations américaines sur de possibles contacts comme une opération de « guerre psychologique » menée par Donald Trump.
L’Iran affirme contrôler le détroit d’Ormuz et écarte l’hypothèse d’un minage du golfe Persique
L’Iran affirme garder la main sur le détroit d’Ormuz sans avoir besoin de miner le golfe Persique. Le porte-parole de l’état-major central des Gardiens de la révolution, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré que Téhéran contrôlait ce passage stratégique et qu’un recours aux mines n’était pas nécessaire dans l’immédiat.
Cette prise de parole intervient alors que le détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions, en raison de son rôle crucial dans le transport mondial d’hydrocarbures.