Burkina Faso : une initiative gouvernementale pour recouvrer plus de 192 millions de dollars en créances

Burkina Faso : une initiative gouvernementale pour recouvrer plus de 192 millions de dollars en créances© Le faso.net
Rodrigue Bayala, ministre burkinabé de la Justice et des Droits humains.
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Les autorités burkinabè ont annoncé le lancement d’une opération d’envergure pour récupérer les montants des chèques impayés, des créances bancaires et des créances issues de décisions de justice en accordant un délai de huit jours aux créanciers pour s’acquitter des sommes dues.

Le ministère burkinabé de la Justice et des Droits humains a annoncé une vaste opération de recouvrement le 17 avril. Objectif : le recouvrement d’un montant de 107 306 194 136 francs CFA (soit plus de 192 millions de dollars). Ce chiffre inclut au moins 10 000 chèques impayés, évalués à 33 986 872 718 francs CFA (plus de 61 millions de dollars) au 31 mars 2026. Cité par la presse locale, le ministre Rodrigue Bayala a fait savoir que ces chèques proviennent des banques de la place et des services des impôts, des douanes et du Trésor sur l’ensemble du territoire national.

Selon le ministre, il est question « d’une véritable association de malfaiteurs » pointant des entreprises fictives, des comptes et des chéquiers confectionnés et utilisés, « le tout avec la complicité de certains agents publics ».

Détail des autres créances

Selon le gouvernement burkinabé, les créances bancaires sont estimées à 20 milliards de francs CFA à la fin décembre 2025, alors que les créances contentieuses ordinaires diverses s’établissent à plus de 2,51 milliards de francs CFA. Les créances issues de décisions de justice, en comptant les dommages et intérêts, les frais de procédure et les amendes prononcées par la Cour des comptes, totalisent une somme de plus de 4,29 milliards de francs CFA. Quant aux créances des démembrements de l’État, elles ont un encours de plus de 46,51 milliards de francs CFA et concernent, entre autres, les redevances impayées dans le secteur des communications électroniques et des postes, les prêts octroyés par des fonds nationaux de financement (FDCT, FBDES, Faso Kuna Wili, etc.).

L’obligation de respecter les engagements envers l’État

Avec ces sommes aussi importantes qui ne sont pas rentrées dans les caisses de l'État, les autorités burkinabè ont décidé de cette offensive de recouvrements. À ce propos, le ministre de la Justice et des Droits humains a martelé que « le respect des engagements envers l’État n’est pas une option, c’est une obligation ». Il a signifié dans ce cadre que des avis de mise en recouvrement, des avis de mise en demeure, des avis à tiers détenteurs, des fermetures d’entreprises, des saisies de biens mobiliers et immobiliers seront envisagés dans les prochains jours.

Les débiteurs, qui pourraient faire l’objet de visites à domicile effectuées par les agents de poursuite, sont donc enjoint par l'État de s’acquitter de l’intégralité de leurs obligations auprès du service du Trésor public le plus proche, en attendant l’opérationnalisation des paiements digitaux par le biais de la plateforme Faso Arzeka.

Un délai de huit jours pour payer

Le ministère a accordé un délai de huit jours aux débiteurs, à compter du 25 avril, pour s’acquitter des sommes dues. Passé ce délai, les autorités auront recours à des procédures de recouvrement forcé, engagées systématiquement, prévient-il. En outre, pour les cas des chèques impayés, une liste des entreprises comprenant l’identité des promoteurs sera rendue publique sur toutes les plateformes de communication.

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