Conférence des ambassadeurs et consuls généraux du Sénégal : le président Faye pointe «une banalisation du recours unilatéral à la force»
© Présidence du SénégalDans son allocution d’ouverture, le président sénégalais a évoqué les nouveaux défis qui se posent à la diplomatie de son pays dans un contexte mondial tendu. Soulevant les questions de gestion des crises et critiquant la politique du recours unilatéral à la force, il a appelé à s’engager en faveur de l’intégration africaine.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a présidé la cérémonie d’ouverture de la 7ᵉ Conférence des ambassadeurs et consuls généraux du Sénégal qui se tient les 18 et 19 avril. Cet événement est placé cette année sous le thème « La diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action ».
Dans son discours d’ouverture, le chef de l'État a rappelé l’héritage de la diplomatie sénégalaise dont les fondements reposent sur des « principes constants » incluant, entre autres, le bon voisinage, la promotion de la paix et de la sécurité internationales, la défense des droits de l’Homme et l’approfondissement de l’intégration africaine. « Toutefois, le monde évolue, et avec lui émergent des défis inédits dans un environnement international de plus en plus instable et incertain », a-t-il souligné, appelant à adapter la diplomatie sénégalaise et à moderniser ses instruments pour en optimiser l’efficacité.
Interrogations sur la prévention et la gestion des crises
Revenant sur les « grandes turbulences géopolitiques » qui secouent la planète et les « risques sérieux de fragmentation de notre espace communautaire » dans le voisinage immédiat du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye a fait état d’une situation internationale marquée par la « recrudescence des conflits armés et les tensions récurrentes entre puissances nucléaires ». Cette situation soulève des interrogations quant à « l’efficacité des mécanismes actuels de prévention et de gestion des crises », a-t-il souligné.
Dans une même perspective, il a pointé une « banalisation du recours unilatéral à la force », relevant la contradiction entre cette politique et les principes de la charte des Nations unies, et mettant en garde contre le danger que cela représente pour l’équilibre mondial et la « conception de la dignité humaine ».
L’appel à un « engagement renforcé en faveur de l’intégration africaine »
Réaffirmant la détermination du Sénégal à « porter, avec clarté et détermination, sur les causes d’essence universelle, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’action unitaire aux niveaux sous-régional et continental », Bassirou Diomaye Faye en a appelé à la solidarité africaine pour construire l’avenir du continent.
Emprunter cette voie implique, selon le président sénégalais, « un engagement renforcé en faveur de l’intégration africaine », et ce, en concevant et en mettant en œuvre des politiques communautaires. Sur le plan international, il a appelé à redoubler d’efforts et à se mobiliser pour faire entendre la voix africaine.
« Pour nous, le multilatéralisme doit rester le cadre privilégié de l’action internationale », a-t-il assuré, tout en soulignant la nécessité de réinventer, rénover et revitaliser ce multilatéralisme pour dépasser le « statu quo post-guerre mondiale » vers une gouvernance mondiale « plus équitable, plus représentative et mieux adaptée aux réalités contemporaines » où l’Afrique occupe la place qui lui revient.