Sahara occidental : le rapport de Guterres réaffirme la place de l’autodétermination dans le règlement du conflit
© ONU / Manuel ElíasDans son rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU António Guterres appelle le Maroc et le Front Polisario à une solution politique garantissant l’autodétermination du peuple sahraoui. Il recommande aussi de prolonger le mandat de la Minurso.
Le rapport du secrétaire général des Nations unies sur le Sahara occidental, publié le 1er octobre, maintient l’autodétermination au cœur du cadre de règlement du conflit. Antonio Guterres y appelle les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, à parvenir à « une solution politique acceptable pour tous » qui garantisse l’exercice de ce droit par le peuple du Sahara occidental.
Ce document survient alors que le Conseil de sécurité doit se pencher de nouveau sur le dossier et sur le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
Un processus de consultation
Guterres souligne que toute proposition de règlement doit s’inscrire dans un processus offrant au peuple du Sahara occidental la possibilité de se prononcer librement sur la solution proposée. Selon le rapport, une telle consultation doit rendre possible l’exercice du droit à l’autodétermination.
L’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, évoque lui aussi cette approche. Selon le rapport, de Mistura estime que toute solution doit comprendre un « processus de consultation significatif » avec le peuple du Sahara occidental, conformément au principe de l’autodétermination.
Le rapport précise par ailleurs que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité en octobre 2025 fixe un cadre de négociation sans prédéterminer l’issue des discussions. La participation aux négociations n’implique donc pas, selon cette approche, l’acceptation préalable de leur résultat.
La question des droits de l’homme
Le secrétaire général aborde aussi la situation des droits de l’homme au Sahara occidental. Il relève notamment que l’absence d’un mécanisme indépendant et complet de surveillance constitue un obstacle à un état des lieux exhaustif.
Le texte fait état des difficultés rencontrées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour accéder à la région. Il rappelle que ses demandes d’accès n’ont pas abouti depuis plusieurs années.
Sont également abordés les mines et restes explosifs de guerre présents dans la région. Le rapport indique que plusieurs zones restent à déminer, notamment à l’est du mur de sable.
Guterres recommande enfin la prorogation du mandat de la Minurso pour une année supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2027.
Créée en 1991 en lien avec le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, la mission des Nations unies reste chargée notamment de contribuer au maintien des conditions propices au règlement du conflit.
