«Suspension tactique» : après son fiasco, Paris suspend sa taxe sur les petits colis

«Suspension tactique» : après son fiasco, Paris suspend sa taxe sur les petits colis© Nikos Pekiaridis/NurPhoto Source: Gettyimages.ru
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Quatre mois seulement après l’avoir instaurée, alors qu’elle devait se cumuler avec un nouveau droit de douane européen de trois euros par type d’article, la France va suspendre, au 1er juillet, sa taxe de deux euros sur les petits colis. Une taxe unilatérale qui a porté un coup dur à des entreprises françaises de logistique.

« Cela a été un bide », a tranché, ce 30 juin sur BFMTV, l’éditorialiste économique Emmanuel Lechypre, alors que Paris s’apprête à suspendre, au 1er juillet, sa taxe sur les petits colis, entrée en vigueur quatre mois plus tôt. « Cette taxe devait rapporter 400 millions aux finances publiques, elle n’en a rapporté que 2 ou 3 » par mois, a-t-il souligné, renvoyant à ce fiasco budgétaire.

L’introduction, unilatérale, de cette taxe avait provoqué la fuite des géants chinois de l’e-commerce des aéroports français. Ils s’étaient rabattus sur d’autres points de chute, dans des États membres de l’Union européenne où une telle taxe n’existe pas, comme la Belgique. Quant aux colis destinés aux consommateurs français, ils étaient ensuite acheminés dans l’Hexagone par camion.

Sur le plan économique et social, avec un effondrement de 90 %, dès les premiers jours, du nombre de colis arrivant dans les aéroports français, des entreprises françaises de logistique s’étaient retrouvées au chômage technique, avec des licenciements à la clé.

Une victoire européenne ou un fiasco français ?

« Il faut qu’on muscle le combat », avait à l’époque plastronné Serge Papin, ministre français du Commerce, aux équipes de TF1 qui l’interrogeaient sur cette détresse. « On ne va pas prendre tout d’un coup des mesures nous faisant apparaître comme faibles », avait ajouté le responsable politique, renvoyant les entrepreneurs du secteur à la mise en place d’une taxe similaire à l’échelle européenne au mois de novembre.

C’est justement à cette date que la taxe française aurait dû s’effacer, après s’être entretemps cumulée avec le droit de douane européen entrant en vigueur le 1er juillet. Cette reculade gouvernementale n’a pas échappé aux médias français. Pour autant, le gouvernement français — une fois n’est pas coutume — crie victoire.

« C’est une suspension tactique » pour « laisser s’installer la taxe européenne », a plaidé Serge Papin sur TF1. « Notre objectif, c’était […] de pousser l’Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause », s’est félicité son cabinet auprès de l’AFP.

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