SCAF en péril : « Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », déplore Éric Trappier

SCAF en péril : « Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », déplore Éric Trappier© Wiki commons
Un Rafale C4 de Dassault.
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Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a déclaré que le projet SCAF est «mort» si Airbus persiste à refuser de coopérer avec son groupe. Cette accusation met en lumière les tensions franco-allemandes sur la question industrielle, qui menacent un programme crucial pour la défense européenne d’ici 2040.

Le Système de combat aérien du futur (SCAF) est dans l’impasse. Le PDG de Dassault Aviation Éric Trappier a évoqué un risque de déclin français en conférence de presse le 4 février.

Dassault, maître d’œuvre désigné, reproche à Airbus de ne plus vouloir coopérer, risquant ainsi de faire échouer un partenariat essentiel pour l’Europe dans un contexte géopolitique tendu.

Tensions industrielles et enjeux stratégiques

Dassault Aviation, fleuron de l’industrie française, a présenté des résultats solides pour 2025, avec un bénéfice net en hausse à 977 millions d’euros et un chiffre d’affaires de 7,4 milliards, dopés par les succès du Rafale à l’export.

Pendant la conférence de presse, Éric Trappier n’a pas mâché ses mots : « Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », a-t-il affirmé, ajoutant que si cette posture persiste, « le projet est mort ».

Selon lui, Dassault respecte scrupuleusement les engagements initiaux de 2018, où la France était leader sur le pilier avion de combat, contrairement à Airbus qui remet en cause cette équation.

Ce bras de fer oppose deux géants : Dassault, expert incontesté dans la conception d’avions de combat de A à Z, face à Airbus, représentant l’Allemagne et l’Espagne, qui évoque désormais une solution à deux avions si les États l’exigent.

Une option que Trappier rejette, insistant sur l’intérêt d’un modèle commun pour l’Europe, comme l’a rappelé Emmanuel Macron lors de sa visite en Inde en février : les Européens « ont intérêt à avoir un modèle commun ». Les divergences sont profondes. Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé des doutes, soulignant que l’Allemagne n’a pas besoin d’un avion nucléaire ou navalisable, contrairement à la France.

Pourtant, des experts comme Florian Aknin de Roland Berger notent que Dassault détient l’ascendant technique, le Rafale surpassant l’Eurofighter en performances et maintenance.

L’ancien patron d’Airbus, Tom Enders, a même mis en garde contre un « excès de confiance » allemand, rappelant les coûts exorbitants d’un développement autonome.

Après la vente de plusieurs fleurons de l’armement aux États-Unis, Paris se trouve à nouveau à l’heure des choix. Les réactions politiques n’ont pas été nombreuses pour le moment. Le Républicain Julien Aubert dénonce : « Les Allemands se voient offrir la participation aux exercices nucléaires de la France mais affirment vouloir exclure la France et Dassault du prochain projet d’avion de combat ».

Malgré les frictions, Macron martèle que les États doivent primer sur les querelles industrielles : « On a des frictions entre les entreprises. C’est la vie des affaires. Est-ce que ça doit décider de la stratégie des États ? La réponse est non ». Dassault, prêt à développer l’avion seul si nécessaire, pourrait attendre 2027 et un interlocuteur plus à l’écoute et moins soumis à Berlin que l’actuel président.

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