Face à la gronde de l’opinion, le gouvernement français envisage des aides au carburant

Face à la gronde de l’opinion, le gouvernement français envisage des aides au carburant© Compte X @gouvernementFR
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Bordeaux le 2 avril 2026
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Alors que les prix à la pompe flambent au-delà des 2 euros le litre sous l’effet du conflit au Moyen-Orient, le gouvernement prépare de nouvelles aides ciblées pour apaiser la colère des Français. Selon un sondage, 76% d’entre eux n’ont plus confiance dans l’exécutif et 79 % redoutent un mouvement de type «gilets jaunes».

Sous la pression d’une opinion publique inquiète et d’un risque de crise sociale, l’exécutif semble infléchir sa ligne. Après avoir longtemps écarté toute mesure générale jugée trop coûteuse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé jeudi 2 avril, depuis Bordeaux, des aides « ciblées » supplémentaires dès le début de la semaine prochaine.

Une défiance record et des réactions politiques vives

« Je suis favorable à ce qu’il y ait des aides ciblées. Donc, des ministres ont reçu un certain nombre de commandes pour me faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine », a déclaré le chef du gouvernement une semaine après une première série d’annonces. Ces annonces interviennent alors que l’inflation des carburants touche huit Français sur dix, dont 42 % de manière « importante », selon le même sondage.

Nombreux sont ceux qui ont déjà renoncé à certains trajets ou modifié leurs habitudes de transport. La porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a tenu à rassurer sur X : « Oui, il y a une crise énergétique liée à la guerre et aux tensions internationales. Mais non, il n’y a pas de pénurie de carburant en France ».

Elle répondait ainsi aux critiques de Marine Le Pen, qui avait écrit : « Si ce gouvernement ne sait pas comment gérer cette crise, qu’il nous laisse la place ».

Sur les réseaux, la grogne est vive. L’association 40 millions d’automobilistes a dénoncé la hausse des prix des carburants et Pierre Chasseray, son délégué général a déclaré le 2 avril : « Il y aurait 60 centimes de moins à la pompe si l'État français se plaçait au niveau des planchers des directives européennes ».

De son côté, la FNTR, fédération des transporteurs routiers, juge les aides déjà annoncées (environ 70 millions d’euros pour avril, réservées aux TPE-PME) « insuffisantes et discriminatoires ». Elle réclame une indexation du gazole, des prêts bonifiés et des contrôles sur les écarts de prix entre cuve et pompe.

Pour l’heure, l’exécutif refuse toujours une baisse de la TVA sur les carburants, plébiscitée par 57 % des Français et par une majorité de sympathisants de tous bords, hormis le camp présidentiel. Seules des mesures sectorielles (agriculteurs, pêcheurs, transporteurs) ont été actées jusqu’ici.

Face à la montée des tensions, le gouvernement mise donc sur ces aides ciblées pour éviter qu’une étincelle ne rallume un mouvement social d’ampleur, un an avant l’élection présidentielle. En 2018, au lancement du mouvement des Gilets Jaunes, le prix de l’essence était à 1,45 euros le litre, aujourd’hui, il dépasse les 2 euros le litre dans de nombreuses stations.

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