Présidentielle en France : Raphaël Glucksmann remporte la primaire de la gauche non mélenchoniste
© Laurent Coust/SOPA Images/LightRocket Source: Gettyimages.ruComme pressenti par un sondage Harris Interactive publié à l’ouverture des votes, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, connu pour son anti-poutinisme obsessionnel, a remporté la primaire de la gauche non mélenchoniste dès le premier tour.
À l’issue d’un vote sans suspens, mais dont le résultat fait la une de la presse française ce 11 octobre, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire dite « sociale-démocrate » avec 66,13% des suffrages, loin devant Olivier Faure et ses 14,46%. Sur la dernière marche du podium figure Ségolène Royal, qui a obtenu 7,62% des suffrages, suivie de Emmanuel Maurel avec 5,92% des votes puis de Jérôme Guedj avec 5,83%.
Le coprésident de Place publique était donné gagnant, crédité de 33 % des intentions de vote, par un sondage Harris Interactive publié le 9 octobre, jour d’ouverture de cette primaire qui a été prolongé jusqu’à ce 11 octobre après l’annonce d’une cyberattaque contre la plateforme de vote. En tout, 140 000 personnes s’étaient inscrites pour voter à cette primaire, bien loin des 2,8 millions de votants lors de la primaire de 2012 qui avait mis en lice François Hollande.
François Hollande en embuscade ?
Reste à savoir comment performera Raphaël Glucksmann face à l’autre candidat de la gauche : le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Jusqu’à présent donné perdant – dans la plupart des sondages – face au dernier tribun de la vie politique française, Raphaël Glucksmann affirmait début juin qu’il « plie[rait] » Mélenchon dans un match à gauche au premier tour.
Une affirmation d'autant plus piquante que le charisme du candidat social-démocrate est objet de railleries en France. Railleries qui viennent tant de ses opposants politiques, à l'instar du président des Républicains Bruno Retailleau, selon lequel Raphaël Glucksmann aurait « le charisme d'un horodateur en panne », que de son propre camp : « Le gars qui prétend tenir tête à Poutine, il a ses antisèches sur son portable », taclait ainsi Ségolène Royal.
Raphaël Glucksmann pourrait néanmoins avoir à composer avec une « inconnue », selon une partie de la presse française : François Hollande et ses velléités de retour à l’Élysée. Celui-ci « parie sur un effondrement de Raphaël Glucksmann d’ici au mois de janvier pour apparaître comme une solution de recours », peut-on ainsi lire. Reste à savoir si celui-ci voudra vraiment être celui qui écopera de l’ardoise budgétaire et sociale des deux quinquennats Macron.