New START : Moscou prend acte du silence américain
Source: Gettyimages.ruÀ l’approche de l’expiration du traité New START, seul mécanisme encore en vigueur encadrant les arsenaux nucléaires stratégiques de la Russie et des États-Unis, aucune procédure formelle de prolongation n’est définie. Moscou exclut toute initiative de dernière minute de son côté, estimant que les démarches nécessaires ont déjà été effectuées.
À l’approche du terme du traité New START, la Russie ne prévoit pas d’initiative supplémentaire vis-à-vis de Washington. L’absence de réaction américaine est désormais interprétée comme un choix politique assumé.
S’exprimant à ce sujet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a indiqué que la Russie ne comptait ni multiplier les signaux diplomatiques de dernière minute ni adresser d’appels officiels aux États-Unis dans les tout derniers jours précédant l’échéance. Selon lui, tout a été entrepris en amont, la partie américaine a eu suffisamment de temps pour mesurer la portée des propositions faites. « L’absence de réponse est aussi une réponse », a-t-il constaté.
Signé en 2010 à Prague par Dmitri Medvedev et Barack Obama, le traité New START encadre la réduction et la limitation des armes nucléaires stratégiques de la Russie et des États-Unis. Conclu pour une durée initiale de dix ans, il est entré en vigueur en février 2011, avant d’être prolongé une seule fois pour cinq ans, sans possibilité de nouvelle extension. Son expiration est fixée au 5 février 2026.
En 2023, la Russie a suspendu sa participation au traité, invoquant la politique menée par l’administration démocrate alors en place à Washington, qui, selon elle, portait atteinte à sa sécurité nationale. La décision a été expliquée par des actions jugées incompatibles avec l’esprit et les objectifs du traité.
Dans le même temps, le président russe Vladimir Poutine a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de prendre en compte le potentiel militaire global de l’OTAN, y compris les arsenaux nucléaires britannique et français, dans toute discussion future.
À l’automne 2025, Moscou s'est néanmoins déclarée prête à continuer d’appliquer les dispositions du traité pendant un an après son expiration officielle, appelant à éviter toute relance d’une course aux armements stratégiques. Cette position a reçu un écho favorable du président américain Donald Trump, qui a estimé qu’un éventuel nouvel accord devrait également intégrer le potentiel nucléaire chinois, qualifiant la proposition russe de « bonne idée ». Le Kremlin a toutefois précisé qu’aucun dialogue formel n’avait encore été engagé.
Dans ce contexte de blocage, l’émissaire du président russe, Kirill Dmitriev, a averti que les délais devenaient critiques pour que Washington se prononce sur l’avenir de New START. Il a rappelé qu’il s’agissait du dernier accord encadrant les arsenaux nucléaires de Moscou et de Washington, ajoutant que même Barack Obama, figure du camp démocrate dont l’entourage politique est responsable de l’impasse actuelle, se prononce désormais en faveur d’une prolongation du traité. « Les États-Unis n’ont plus beaucoup de temps pour accepter la prolongation du traité New START, le dernier accord sur la maîtrise des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie. Même le brave Obama est préoccupé », a-t-il indiqué.
Parallèlement, l'Organisation des Nations unies a souligné la nécessité de mettre en place un nouveau régime international de contrôle des armements nucléaires. À l’ONU, l’expiration imminente du traité est perçue comme un moment critique, susceptible d’ouvrir une période d’incertitude stratégique durable si aucun cadre de remplacement n’est rapidement établi.