Conflit en Ukraine : Les Européens «pas suffisamment préparés à une éventuelle paix», selon Wallenberg
© WikicommonsLors d’une conférence-débat en Finlande le 10 février, l’homme d’affaires suédois Jacob Wallenberg, dont la famille détient notamment près de 30% du groupe de défense Saab, a estimé qu’une paix prématurée en Ukraine pourrait entraîner une réduction des financements en faveur du renforcement militaire du continent européen.
« Nous savons tous ce qui se passe lorsque la paix s'installe : nous aurons de longues discussions sur les fonds nécessaires ailleurs, etc. », a déclaré le 10 février Jacob Wallenberg, président d’Investor AB, repéré par The European Conservative. S’il s’agit bien de « questions légitimes », a-t-il poursuivi, elles demeurent – à ses yeux – moins importantes que celle portant sur la préparation de « l’avenir » européen en « matière de sécurité ».
« Je pense que la plupart d'entre nous ne sommes pas suffisamment préparés à une éventuelle paix et à tout ce que cela impliquerait », a-t-il déclaré, à l’occasion de sa participation au forum annuel Hanalys, estimant que « beaucoup de choses doivent se mettre en place avant ».
Reprenant la ritournelle actuellement en vogue dans les sphères dirigeantes du Vieux continent, Jacob Wallenberg assure que l’UE doit « sortir de l’ombre des États-Unis » en matière de défense. « Quand on en vient au matériel, et des troupes sur le terrain, c'est à nous d'agir et nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir ! », a estimé cet ancien membre du comité de direction du groupe Bilderberg. « Il y a donc du travail et des investissements à réaliser, et j'ajouterais, un engagement politique », a-t-il noté.
Saab : vers un deal record en Ukraine ?
Pour autant, celui-ci a également mis en garde les Européens quant à leur tendance à « se regarder le nombril », les enjoignant à « ne pas oublier le reste du monde ». « Il est là, et nous devons composer avec lui, d’une manière ou d’une autre », a-t-il insisté, en particulier avec la Chine qui constitue « un élément fondamental de l’équation ». Selon lui, les Européens doivent établir « une coopération politique et pragmatique » avec la Chine, « parce qu’à l’heure actuelle, c’est mitigé, et je pense que c’est dans notre intérêt — et certainement dans le leur — de développer cela et de trouver un terrain d’entente », a-t-il ajouté.
En 2025, le groupe d’armement suédois Saab – détenu à près de 30 % par la famille Wallenberg via son « écosystème » – a vu son bénéfice bondir de 50 % après des commandes records, en particulier au cours du dernier trimestre. Le Suédois a notamment remporté plusieurs appels d’offre contre ses concurrents français Naval Group et Dassault, en vue de doter la Pologne et la Colombie respectivement de trois sous-marins et 17 avions de combat Gripen. De passage en Suède fin octobre, Volodymyr Zelensky a signé une lettre d’intention portant sur l’achat de 100 à 150 exemplaires de cet appareil.