Comment les Américains et les Israéliens ont-ils réussi à assassiner l’ayatollah Ali Khamenei ?
© Anadolu Source: Gettyimages.ruPiratage de caméras de circulation, collecte de données, agents sur le terrain, analyse quotidienne d'informations : selon le Financial Times, les services secrets israéliens connaissaient assez bien la capitale iranienne Téhéran pour prendre la décision d’assassiner le Guide suprême iranien.
Le plan pour assassiner le Guide suprême iranien Ali Khamenei le 28 février dernier est dû à une collecte massive de données durant de nombreuses années par les services de renseignement israéliens, rapporte le Financial Times ce 3 mars. Le quotidien britannique, citant des sources anonymes, a révélé que la quasi-totalité des caméras de circulation de la capitale iranienne Téhéran étaient piratées depuis plusieurs années. Les images collectées étaient transmises à des serveurs israéliens pour les décrypter.
Selon une source du journal, une des caméras piratées bénéficiait d’un angle particulièrement utile pour déterminer les parkings préférés des gardes du corps et des chauffeurs hautement entraînés et loyaux des hauts responsables iraniens. La caméra offrait également un aperçu du fonctionnement d'une partie banale de l'enceinte étroitement gardée des bureaux du Guide suprême.
Une campagne de renseignement pluriannuelle
D’après le Financial Times, les services secrets israéliens ont mis en place une série de moyens pour collecter des données en continu et en temps réel, dans le cadre d’une campagne de renseignement pluriannuelle. Parmi ces capacités, l’emploi d’algorithmes spéciaux pour combiner les informations recueillies concernant les adresses, les heures de service et les itinéraires que les agents de sécurité chargés de protéger et de transporter Ali Khamenei empruntaient, établissant ce qui est appelé un « mode de vie » dans le jargon du renseignement.
Juste avant l’assassinat, les services israéliens ont perturbé près d’une douzaine d'antennes-relais de téléphonie mobile, dans les environs de la rue Pasteur, pour faire croire que les téléphones étaient occupés au moment de l’appel, et ce, afin de prévenir toute éventuelle tentative d’alerte.
« Nous connaissions Téhéran comme nous connaissons Jérusalem »
Ce travail a également été accompli avec le concours des agents du Mossad qui recueillaient des informations sur le terrain. Cité par le quotidien britannique, un responsable des services de renseignement israéliens a affirmé : « Nous connaissions Téhéran comme nous connaissons Jérusalem ». « Et quand on connaît un endroit aussi bien que sa propre rue, on remarque le moindre détail qui détonne », a-t-il ajouté.
Des responsables du renseignement israélien interrogés par le Financial Times ont affirmé qu'en cas d’échec de l’assassinat, la cible aurait gagner en aura, comme ce fut le cas de l’ancien président cubain Fidel Castro, qui avait échappé à des centaines de tentatives d’assassinat de la CIA.